La dernière barrière de glace intacte au Nord de la planète s'est brisée.

Au nord-est de l’île d’Ellesmere, au Canada, un événement climatique important vient de se produire, en raison du réchauffement planétaire. Comme l’a rapporté le service des glaces canadien, le 3 août 2020, une large portion de la plateforme glaciaire Milne s’est effondrée. Au final, cette barrière de glace a perdu 43 % de sa surface. Ce détachement a généré une île de glace de 79 km², soit 20 km² de plus qu’un lieu comme Manhattan, et n’est pas très éloigné d’une ville comme Paris (105 km²). Cette rupture de grande ampleur s’est produite en deux jours seulement.

Ce qu’on appelle barrière de glace ou plateforme de glace ne se forme pas par le gel de la mer, contrairement à la banquise. Elle se forme par le prolongement sur la mer d’un inlandsis, un type de glacier très épais qui recouvre la terre ferme avec plusieurs mètres de glace. On ne trouve ces barrières de glace qu’en Antarctique et dans l’Arctique canadien.

Avant / après l’effondrement d’une partie entière de cette barrière de glace. // Source : Dr. Adrienne White (Canadian Ice Service)

 Une région qui se réchauffe « plus rapidement » qu’ailleurs

Les raisons de cet effondrement : des températures de l’air supérieures à la normale, des vents du large et de l’eau ouverte et des étendues d’eau au contact de la barrière de glace.

Tous ces facteurs se sont conjugués funestement pour la plateforme glaciaire en raison du changement climatique, comme le précise le Water and Ice Research Laboratory : « La récente rupture des plateformes glaciaires du nord du Canada s’est produite sous un climat en réchauffement. Cette région s’est réchauffée bien plus rapidement que le reste du globe et les températures de l’air en été ont battu des records au cours des dernières années. »

Si cette rupture est si importante, c’est parce que cette barrière de glace canadienne était la dernière encore intacte de la région. À l’origine, l’archipel était recouvert par un seul plateau glacier, la barrière de glace d’Ellesmere. Mais elle s’est réduite et fracturée au du siècle passé, se divisant en plusieurs plateformes. Après la rupture de deux d’entre elles de manière très rapprochée en 2008 et 2011, il ne restait plus qu’une seule barrière de glace intacte. Et c’est donc elle, qui vient de se briser d’un fragment plus large que Manhattan.

Crédit photo de la une : Derek Mueller

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