En 2020, le mois de février possède un jour supplémentaire : le 29. On dit que l'année est bissextile. Mais comment expliquer cette étrangeté du calendrier ? Pour le comprendre, il faut s'intéresser au mouvement de la Terre.

Un jour supplémentaire s’est glissé dans le calendrier en 2020 : le samedi 29 février. Cette année est dite bissextile : elle dure 366 jours et non 365. Le mois de février comporte 29 jours au lieu de 28. Mais d’où vient cet ajout ? À quoi sert-il ?

« On essaye de faire coïncider trois éléments qui n’ont aucun rapport : la rotation de la Terre (le jour), la révolution de la Lune (le mois) et la révolution de la Terre (l’année) », explique à Numerama Florent Deleflie, astronome à l’observatoire de Paris.

Le Soleil, la Terre et la Lune. // Source : Flickr/CC/Siyavula Education (photo recardée et modifiée)

Ces trois réalités n’ont pas de lien, mais notre calendrier tente de leur donner une cohérence avec les années, les mois et les jours. Puisque l’année ne correspond pas à un nombre exact de jours, elle est arrondie à 365 jours. Pour rattraper ce décalage, une journée est ajoutée au calendrier tous les 4 ans (avec quelques rares exceptions) : il y a eu 365 jours chaque année en 2017, 2018 et 2019.

Que se passerait-il sans années bissextiles ?

Ôter 5 heures, 48 minutes et quelques secondes à une année peut sembler peu. Pourtant, si toutes les années ne duraient que 365 jours, cela finirait par provoquer un décalage conséquent. Une animation publiée sur Twitter par le planétologue James O’Donoghue, de la Jaxa (l’agence spatiale japonaise) l’illustre très bien. La vidéo montre que s’il n’y avait jamais d’année bissextile, les saisons se décaleraient dans l’année. Dans quelques centaines années, le mois de juillet (qui pour nous est un mois d’été) aurait lieu pendant l’hiver, comme l’explique la Nasa.

Pourquoi le 29 février ?

L’idée d’intégrer un jour intercalaire pour rattraper ce décalage remonte à l’Antiquité. Avant la réforme du calendrier imposée par Jules César en 45 av. J.-C., c’est le calendrier romain qui est utilisé. Ce calendrier de 355 jours était organisé en 12 mois (de 29 et 31 jours). L’année commençait en « Martius » et « Februarius » était le dernier mois de l’année. Afin de rattraper le cycle solaire, un mois intercalaire a ensuite été ajouté à la fin de l’année, tous les 3 ans : « Mercedonius ».

Avec la réforme de Jules César, le calendrier devient solaire : la longueur des mois est changée pour que l’année dure 365 jours. Un jour supplémentaire est ajouté tous les 4 ans entre le 24 et le 25 Februarus. Ce jour est appelé « bis sextus ante calendas Martis », terme qui va ensuite donner celui de bissextil.

Ce calendrier est utilisé dans la majeure partie du monde occidental jusqu’en 1582. Il est ensuite remplacé progressivement par le calendrier grégorien, qui reprend le principe du jour intercalaire lors des années bissextiles en février (même s’il n’est plus le dernier mois de l’année).

Parle-t-on aussi d’années bissextiles pour les autres planètes ?

Le principe de l’année bissextile peut aussi s’appliquer à d’autres planètes que la Terre, comme le confirme la Nasa : cela arrive lorsque la rotation d’une planète et sa révolution ne correspondent pas.

L’agence spatiale explique ainsi que Mars a davantage d’années bissextiles que d’années non bissextiles. Une année martienne dure environ 668 sols (le nom donné aux jours sur la planète). Mais il faut un peu plus de temps à Mars pour faire sa révolution autour du Soleil : 668,6 sols. Il faut donc, sur une période de 10 années martiennes, que 4 années aient 668 sols, et que 6 années soient des années bissextiles avec 669 sols.

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