Février est le seul mois du calendrier à posséder 28 jours (29, lors des années bissextiles). Pourquoi n’a-t-il pas autant de jours que les autres mois ? Comment se fait-il que février soit si court ?

C’est une petite bizarrerie qui revient tous les 4 ans. Lors des années bissextiles, un jour supplémentaire se glisse à la fin du mois de février. C’est le jour intercalaire, ou « leap day » en anglais. En 2024, le 29 février tombe un jeudi. Même si vous travaillez ce jour-là, vous ne serez pas davantage payé grâce à l’année bissextile. Quant à la perspective que le 29 février devienne un jour férié, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

Même lors des années bissextiles, février reste le mois le plus court de l’année. Mais, d’ailleurs, pourquoi ce mois est-il le seul à être aussi court ? Pourquoi ne fait-il pas au moins 30 jours, comme les autres ? On pourrait trouver cela étrange que le calendrier le plus utilisé au monde soit à ce point irrégulier. À raison, car l’explication repose sur une très ancienne histoire de superstition.

C’est l’histoire d’un calendrier et d’un roi superstitieux

Il faut remonter jusqu’à l’Antiquité, lorsqu’un des ancêtres de notre calendrier actuel était en vigueur. Le premier calendrier romain avait une structure bien particulière, étant composé non pas de 12 mois, mais de 10. À cette époque, on cherchait alors à mesurer le temps en se fondant sur les cycles de la Lune. L’année était divisée en 10 mois de 304 jours, répartis inégalement entre des mois de 30 ou 31 jours. L’année ne commençait pas en janvier (ce mois n’existait même pas), mais en mars.

Cependant, ce calendrier n’était pas optimal, car il ne se synchronisait pas si bien que ça avec le cycle lunaire. À l’initiative du roi Numa Pompilius (qui régna aux alentours de -700 av. J.-C.), les mois de janvier et de février furent ajoutés au calendrier. Or, ce roi prenait très au sérieux la superstition romaine de l’époque, qui voulait que l’on évite d’avoir des nombres pairs dans un calendrier, de tels nombres étant accusés de porter malheur.

Le casse-tête de Numa Pompilius

Numa Pompilius se livra donc à un petit calcul pour éviter cette situation, que voici :

  • Le roi a commencé par soustraire un jour à chacun des mois de 30 jours, ce qui les portait tous à 29 jours,
  • Puisque l’année lunaire peut être arrondie à 355 jours (elle dure en fait 354,367 jours, mais impensable de l’arrondir à 354, ç’eut été un nombre pair !), le roi disposait donc de 56 jours à placer dans son nouveau calendrier,
  • Le roi n’avait donc pas le choix, au moins un des mois de son calendrier devait avoir un nombre de jours pair. Car, mathématiquement, la somme d’une quantité paire de nombres impairs donne toujours un nombre pair.
Numa Pompilius et la Nymphe Egérie, tableau de Nicolas Poussin. // Source : Flickr/CC/jean louis mazieres (image recadrée)
Numa Pompilius et la Nymphe Egérie, tableau de Nicolas Poussin. // Source : Flickr/CC/jean louis mazieres (image recadrée)

Par conséquent, le roi Numa Pompilius dû choisir le mois de février pour recevoir un nombre pair de jours, avec 28 jours. Pour les Romains, février était le mois des rituels faisant honneur aux défunts, il méritait donc d’être le mois associé à la malchance.

Depuis, le calendrier a été modifié plusieurs fois. Aujourd’hui, nous utilisons le calendrier grégorien, introduit en 1582 et incluant les années bissextiles avec un jour intercalaire. La durée du mois de février à 28 jours est restée.

@numerama

Est-ce que 2024 est une année bissextile ? Si vous aimez les mathématiques, il y a une méthode simple pour pour le savoir sans ouvrir un calendrier. #numerama #science #2024 #bissextile

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