Rwanda, Ouganda, Burundi, Togo, Sud-Soudan, Madagascar… D’après une étude publiée ce 3 juillet 2019, ces pays ont en commun de posséder des zones où la reforestation serait non seulement la plus positive pour l’environnement, mais en plus à moindre coût.

Les forêts peuvent jouer un rôle essentiel contre le réchauffement climatique, la pollution et le déclin de la biodiversité. En 2018, quarante scientifiques ont signé une déclaration soulignant « cinq raisons pour lesquelles limiter le changement climatique requiert de protéger et gérer durablement les forêts, tout en restaurant les forêts que nous avons perdues ».

Des pays comme la Chine ont lancé des programmes de plantation d’arbres. Mais bien souvent, il s’agit de monocultures plutôt artificielles : il a été maintes fois démontré que leur impact est bien moins bénéfique qu’une véritable protection et restauration des forêts naturelles.

Dans la perspective de répondre à cette urgence, une équipe de chercheurs a publié le 3 juillet 2019 une étude qui apporte des solutions concrètes. Ils ont identifié plus de 100 millions d’hectares de forêts tropicales menacées et dont la restauration aurait un impact significatif contre le réchauffement climatique (ainsi que pour protéger les ressources naturelles et les êtres vivants).

Dans un billet, Robin Chazdon, l’une des participantes à cette recherche, précise que « notre étude aide à mettre en lumière comment la restauration des forêts tropicales pourrait apporter des bénéfices aux gens et à la nature ». L’équipe espère apporter un « guide pour les États, les associations de défense de l’environnement et les leveurs de fonds ».

Tous les aspects de la restauration pris en compte

Les auteurs de l’étude ont utilisé des images satellites en haute résolution. Puis, afin d’établir un score, ils ont pris en compte différents critères :

  • Trois conséquences directes de la reforestation : le coût financier, les risques et la potentialité que la restauration se maintienne dans le futur.
  • Quatre bénéfices apportés par les forêts : un apport en biodiversité, sécurité sanitaire des eaux, adaptation et atténuation du changement climatique.
  • Toutes les forêts tropicales du monde, par blocs d’1km², qui ont perdues plus de 10% de leur canopée en 2016.
Image d'illustration. // Source : Pixabay

Image d'illustration.

Source : Pixabay

Les six pays où la reforestation serait la plus bénéfique, tout en étant la plus faisable, sont situés en Afrique (Rwanda, Ouganda, Burundi, Togo, Sud-Soudan et Madagascar). Quant à l’Indonésie, l’Inde, la Colombie, Madagascar et le Brésil, ce sont les pays où les zones de restauration positive sont les plus étendues.

D’autres données intéressantes sont mises en avant. Les chercheurs se sont aperçus que 87% de ces zones sont situées dans des lieux de forte concentration d’une biodiversité riche et rare fortement menacée par la déforestation. Autre surprise, aux versants plus optimistes : ces forêts sont en majorité situées dans des pays qui ont adhéré à l’engagement international Bonn Challenge, visant à restaurer 350 millions d’hectares de forêts d’ici 2030.

La forte présence de terres agricoles autour des forêts menacées

Une majorité des 100 millions d’hectares de forêts tropicales pointées par l’étude chevauche des terres agricoles. C’est un obstacle de taille car, si parfois elles sont à l’abandon, elles sont souvent encore exploitées.

Commencer par appliquer une restauration sur des terres à faible valeur agricole serait une première solution à court-terme, mais l’étude invite également à s’intéresser à la productivité économique potentielle des forêts. Certains arbres permettraient de récolter du rotin (un bois qui permet de fabriquer des meubles). La présence d’une canopée est idéale pour la culture de café ou de cacao. La reforestation peut donc s’adapter à la présence de terres agricoles.

Mais de tels changements impliquent de prendre en compte le « contexte socioécologique local », raison pour laquelle les auteurs invitent dans leur article à ne pas prendre de décision de restauration sans « une négociation entre toutes les parties concernées ».

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