Le pic d'activité des Lyrides, une pluie d'étoiles filantes, est prévu dans la nuit du 21 au 22 avril. Voici comment profiter du spectacle, si la météo s'avère favorable à l'observation.

Quelques jours après une belle conjonction entre la Lune et Mars, un nouveau spectacle astronomique est prévu. Comme tous les ans, l’essaim des Lyrides reviendra dans les cieux. C’est l’occasion d’observer une pluie d’étoiles filantes, bien installé dans son jardin.

Où chercher les Lyrides dans le ciel ? Que se passe-t-il exactement lorsque l’on voit ces étoiles filantes ? Si la météo est favorable, voici tout ce qu’il faut savoir pour entamer les observations.

Comment observer les Lyrides ?

L’essaim d’étoiles filantes des Lyrides est observable, chaque année, du 16 au 26 avril. Il est à son maximum dans la nuit du mardi 21 au mercredi 22 avril 2020. Au cours de cette période, vous pouvez commencer à regarder le ciel aux alentours de 21h30 le soir (le 21 avril, le Soleil se couche à 20h50).

L’essaim doit être visible en direction de la constellation de la Lyre. « Vue de Paris, elle se lèvera vers le nord est », explique Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris, à Numerama. Pour la trouver, c’est assez simple : il faut chercher ce qu’on appelle le « triangle d’été », observable depuis notre hémisphère. Il est formé par trois étoiles, particulièrement brillantes entre juin et août, ce qui ne les empêche pas d’être visibles le reste de l’année.

Le Triangle d’été. // Source : Capture d’écran Google Sky, annotations Numerama

Ce triangle, presque isocèle, est aussi connu sous le nom des « Trois belles d’été » : il est formé par les étoiles Vega, Altaïr et Deneb. Elles se trouvent respectivement dans les constellations de la Lyre, de l’Aigle et du Cygne. Cela permet, au passage, de comprendre que les Lyrides tiennent leur nom de la première de ces constellations.

Pour trouver ce Triangle d’été, Florent Deleflie conseille de regarder «  plein est et bas sur l’horizon ». Au fur et à mesure de la nuit, il faudra regarder de plus en plus haut pour apercevoir cette zone du ciel. Aux alentours de 4 heures du matin, l’étoile Vega sera aux « deux tiers entre l’horizon et le zénith » (le point situé à la verticale au dessus de nos têtes). L’astronome recommande de privilégier, si possible, l’observation le soir. « Ainsi, on regarde dans la même direction que celle où l’on va dans le système solaire », explique-t-il.

L’essaim des Lyrides dans le système solaire (la Terre est sur l’orbite bleue clair). // Source : Capture d’écran Meteorshowers

Le spectacle est un peu moins saisissant lorsqu’il est observé en ville, en raison de la pollution lumineuse qui peut gêner l’observation. Néanmoins, les Lyrides les plus brillantes sont visibles en ville. Pour les voir, il faut faire preuve de patience — et s’asseoir confortablement. Pour certains essaims d’étoiles filantes, les astronomes recommandent de s’allonger : les Lyrides ne devraient pas le nécessiter car elles se trouvent assez bas dans le ciel. Inutile d’amener vos jumelles ou votre télescope. «  À travers des instruments, le champ visuel est trop petit. Vous risqueriez de louper les Lyrides », prévient Florent Deleflie.

D’où viennent ces étoiles filantes ?

L’essaim des Lyrides provient de la comète C/1861 G1 (Thatcher). Elle parcourt son orbite en 415 années. Actuellement, elle n’est pas à son point le plus proche de nous : la dernière fois qu’elle l’a atteint, c’était en 1861. Elle ne reviendra donc pas aussi près avant 2276.

Comme d’autres essaims, les Lyrides se produisent lorsque la Terre traverse le chemin de Thatcher. « Cette comète laisse des poussières dans son sillage. De son côté, la Terre est sur son orbite. Tout l’enjeu est de savoir comment la Terre va traverser ce sillage, ce qui est assez compliqué à modéliser et fait l’objet de recherches actuellement », nous explique Florent Deleflie.

Lorsque les météorites entrent dans notre atmosphère, elles sont vaporisées : la lumière qui s’en dégage crée ce qu’on appelle des étoiles filantes. La fréquence à laquelle passeront les Lyrides est difficile à estimer. En moyenne, il y en a entre 10 et 20 par heure.

Les Lyrides photographiées depuis l’ISS en 2012. // Source : Nasa

Pourquoi faut-il regarder cet essaim en direction de la constellation de la Lyre ? « C’est ici que le radiant s’y trouve », répond l’astronome. Le radiant désigne l’endroit du ciel d’où les météores d’un essaim semblent toutes provenir. Lorsque le radiant d’étoiles filantes se trouve dans une constellation, il arrive souvent que le nom donné à l’essaim s’en inspire.

Les Lyrides sont l’uns des plus vieux essaims d’étoiles filantes connus : elles sont observées depuis 2 700 années, selon la Nasa. Même si ces météores sont moins impressionnantes que les Perséides, observables en juillet et août, elles peuvent surprendre leur spectateur. En 1982, des observateurs américains en ont dénombré 100 par heure.

Vous avez désormais toutes les informations pour commencer à regarder les Lyrides. Bonne observation du ciel !

Article publié initialement le 14 avril 2019

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