Un nouvel ADN a été synthétisé en laboratoire à partir du nôtre. Cet ADN « Hachimoji » pourrait révolutionner notre appréhension des structures que nous pourrions découvrir en cherchant une vie extraterrestre.

Et si notre ADN pouvait nous aider à en savoir davantage sur une possible vie extraterrestre ? Des chercheurs financés par la Nasa ont réussi à créer un « système génétique à huit composantes », qu’ils ont présenté le 22 février 2019 dans la revue Science.

D’après eux, cette découverte permet d’élargir « le champ des structures moléculaires susceptibles de soutenir la vie, y compris la vie dans le cosmos ». Autrement dit, il n’est pas exclu que nous puissions rencontrer ce type d’ADN dans nos recherches pour trouver des aliens.

L’ADN créé par les chercheurs. // Source : FFAME

Quatre bases synthétiques supplémentaires

Ce nouveau système génétique porte le nom d’ « Hachimoji » : il est formé des mots japonais « hachi », signifiant « huit », ainsi que « moji », signifiant « lettre ». Cette dénomination fait directement référence aux huit éléments constitutifs de cet ADN conçu en laboratoire.

Comme le rappellent les chercheurs, l’ADN et l’ARN (l’acide ribonucléique, une molécule chimiquement proche de l’ADN) sont composés de quatre bases de nucléotides différentes, A, G, C et T (remplacé par U dans l’ARN), qui s’unissent en établissant des liaisons hydrogène.

L’ADN humain. // Source : Public Domain Pictures

C’est sur cette structure que les chercheurs ont travaillé, en rajoutant quatre autres nucléotides synthétiques : S, B, P et Z. Grâce à cela, ils ont créé cet ADN Hachimoji : il est capable de « faire tout ce que l’ADN fait pour soutenir la vie », précise la Foundation for Applied Molecular Evolution dont font partie plusieurs auteurs de l’étude.

Cette structure n’est pas autonome

Les scientifiques assurent que cette structure est stable et qu’il est possible de copier l’ADN Hachimoji pour obtenir l’ARN Hachimoji, qui joue un rôle dans la synthèse des protéines. Ce nouvel ADN est « un système de stockage d’informations mutable », écrivent les chercheurs.

L’étude reste cependant prudente sur la possibilité que la structure Hachimoji ait pu exister ou existe sur d’autres planètes que la notre. « Dire que l’ADN Hachimoji est une vie extraterrestre est faux, note Steven A. Benner, chimiste et co-auteur de l’étude. Pour cela, le système doit également être autonome. » Ce n’est pas le cas de cet ADN, qui a besoin de protéines conçues spécifiquement en laboratoire.

Crédit photo de la une : Universal Pictures

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