Voilà 12 ans que Pluton n'est plus considérée comme une planète. Mais plusieurs scientifiques souhaitent qu'elle regagne son précieux titre, preuves à l'appui.

Pluton serait-elle finalement une planète ? Un groupe de chercheurs a publié un article dans la revue académique Icarus, le 28 août dernier, pour défendre le statut de planète de la controversée Pluton. Comme l’a repéré CNN, ils expliquent pourquoi on n’aurait jamais dû retirer le statut de planète à Pluton.

Qu’est-ce qu’une planète ?

Il faut revenir en 2006 pour comprendre ce qu’il est arrivé à cet astre. À l’époque, elle est classée parmi les neuf planètes de notre système solaire, après Mercure, Venus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.

Pluton // Source : Wikimedia/NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

À ce moment-là, il faut statuer sur l’identité d’une nouvelle entité découverte proche de Neptune : Éris, découverte en 2005, dont la masse est 27 % supérieure à celle de Pluton. Et ce n’est pas la seule : plusieurs objets transneptuniens volumineux sont découverts. Le choix est donc ardu : est-ce que tous ces objets sont aussi des planètes, ou est-ce que Pluton n’en est pas une ? L’Union astronomique internationale (UAI) mandate alors un comité d’experts pour décider de ce qui fait, ou non, une planète.

L’UAI finit par sortir une définition. Une planète est un « objet céleste en orbite autour du soleil », rond ou presque rond, et qui « dégage les environs » des objets en orbite autour de lui. Cela signifie qu’il ne faut pas qu’il y ait d’autres corps de taille comparable dans ses alentours, à l’exception de ses satellites.

Or, Éris était plus massive et proche de Pluton. L’UAI décide donc que Pluton n’a pas « dégagé les environs » et qu’elle n’est donc pas une planète, mais une planète-naine. C’est contre cette définition que s’érigent aujourd’hui le groupe de chercheurs Philip T. Metzger, Mark V. Sykes, Alan Stern et Kirby Runyon.

Notre système solaire en 2018 // Source : Wikimedia

Metzger, le premier auteur de cette étude, remet aujourd’hui en cause cette définition. «  La définition de l’UAI se repose sur le fait que la planète devrait dépendre d’un concept que personne n’utilise jamais dans ses recherches », dit-il dans un communiqué sur le site de l’Université de Floride.

« Cela nous pousse à exclure de notre système solaire la deuxième planète la plus intéressante »

Après avoir étudié plus de 200 ouvrages de recherches datant de ces deux derniers siècles, il n’a trouvé qu’une seule utilisation de la caractéristique «  vider ses alentours des objets en orbite », qui date de 1802, pour qualifier un corps de planète. « Ils n’ont jamais précisé ce que voulait dire ‘vider son orbite’. D’ailleurs si vous prenez ça au sens littéral, il n’y a pas de planète, car aucune ne vide ses alentours de la sorte. »

« Cela nous pousse à exclure de notre système solaire la deuxième planète la plus intéressante », insiste Metzger. Selon lui, pour définir une planète, il faudrait se focaliser sur ses qualités intrinsèques, et non des choses qui évoluent, comme l’orbite dynamique d’une planète. Par exemple, le fait d’avoir une masse assez grosse qui permet d’obtenir une taille ronde — comme le préconise déjà l’UAI.

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