Récupérer de l'eau douce des centrales électriques ? C'est l'invention conçue par des ingénieurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), et utilisée par la startup Infinite Cooling.

Le gaspillage d’eau douce est un problème mondial et inquiétant. L’industrie de l’énergie contribue beaucoup à cette perte. Pour tenter de l’éviter, la startup américaine Infinite Cooling a développé un système imaginé par les chercheurs Maher Damak et Kripa Varanasi.

Dans leur étude, publiée le 8 juin 2018 dans la revue Science Advances, ils proposent de recycler l’eau présente dans les vapeurs qui sont dégagées par les centrales électriques.

Une solution contre la crise de l’eau

Le MIT part de ce constat : environ 39 % de l’eau douce tirée des rivières, lac et réservoirs des États-Unis est réservée aux besoins de refroidissement des centrales électriques utilisant des énergies fossiles ou le nucléaire. Une grande partie de cette eau termine en nuages de vapeur, et se trouve ainsi gaspillée. Le système développé par le MIT permettrait de recycler une partie de cette eau, ou de la destiner à la consommation des villes côtières où l’eau de mer est utilisée pour refroidir les centrales électriques.

La solution développée par Infinite Cooling repose sur une méthode précise. Lorsque la vapeur est touchée par un rayon chargé en particules électriques (ions), les gouttes d’eau se chargent en électricité et peuvent être ainsi dirigées vers un maillage métallique. Les gouttes récupérées par le maillage sont collectées dans un bac et peuvent être réutilisées par la centrale ou être redirigées vers d’autres villes.

Des gouttes d’eau chargées en électricité

L’invention a valu à la startup Infinite Cooling de gagner l’Entrepreneurship Competition du MIT et remporter 100 000 dollars. La startup développe un test grandeur nature à la Central Utility Plant du MIT. L’installation devrait être prête d’ici la fin de l’été pour un essai en automne.

Ce système aiderait à résoudre une partie de la crise de l’eau, du moins sur un plan local pour le moment. Les chercheurs restent néanmoins optimistes, comme le précise Kripa Varanasi : « Cela pourrait être une bonne solution pour résoudre la crise mondiale de l’eau et compenser les besoins d’environ 70 % des nouvelles installations de désalinisation des centrales pour la prochaine décennie.  »

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