La mission Smile a décollé dans la matinée du 19 mai depuis le Centre spatial guyanais de Kourou. Il s’agit d’un satellite, fruit d’une collaboration entre l’Europe et la Chine, qui doit récolter des informations sur les vents solaires, ces flux encore mal connus qui mettent parfois à mal nos satellites en orbite autour de la Terre.

Il est en orbite et ses instruments sont correctement déployés : la mission Smile (Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer) est pour l’instant un succès. Le décollage a eu lieu ce 19 mai 2026 à bord d’une fusée Vega-C depuis le Centre spatial guyanais de Kourou, et le satellite va bientôt pouvoir commencer à récolter ses premières données.

Voir le bouclier invisible de la Terre en pleine action

Mais qui est Smile exactement ? Il s’agit d’une mission menée par l’Agence spatiale européenne (ESA) et son homologue chinoise, l’ACS, ou Académie chinoise des sciences. Un type de partenariat assez inhabituel au vu des relations tendues au niveau international entre la Chine et bon nombre de puissances occidentales, mais qui se maintient depuis déjà plus d’une dizaine d’années, lorsque le projet a commencé à entrer en phase de réalisation.

Smile est un satellite d’un peu plus de deux tonnes disposant de plusieurs instruments scientifiques destinés à étudier les vents solaires. Il s’agit de la principale ambition de la mission : celle de mieux comprendre comment réagit la magnétosphère terrestre lorsqu’elle est percutée par ces flux de particules provenant du Soleil.

Pour y parvenir, le satellite ne va pourtant pas regarder en direction de notre astre, mais bien vers la Terre, afin de voir ce qui se déroule au moment clé. Comme le résume le directeur général de l’ESA, Josef Aschbacher : « Nous sommes sur le point de voir quelque chose que nous n’avions jamais vu avant : le bouclier invisible de la Terre en pleine action. »

Car c’est bien l’enjeu de cette mission : comprendre comment l’atmosphère terrestre nous protège face à ces vents solaires qui peuvent provoquer des dommages considérables aux satellites en orbite moins abrités par cette couche atmosphérique, mais aussi parfois aux réseaux électriques au sol en cas de tempête solaire plus forte qu’à l’accoutumée. 

Un arsenal scientifique dirigé vers les vents solaires

Sans notre magnétosphère, une sorte de carapace formée par le champ magnétique qui entoure notre planète, nous ne pourrions pas survivre et la Terre entière serait complètement irradiée par les particules projetées par le Soleil. Aujourd’hui, une mission comme Smile nous permettra de comprendre, au moins en partie, comment fonctionne cette bulle protectrice.

Pour cela, le satellite embarque toute une série d’instruments scientifiques.

  • SXI : Une caméra à rayons X capable de voir en une seule fois une large portion de la surface de la Terre grâce à une optique dite en « lobster-eye » ou œil de homard qui fournit un grand angle idéal pour ce type d’observation.
  • UVI, une autre caméra dans l’ultraviolet qui pourra voir l’interaction des particules, notamment au niveau du Pôle Nord, là où se déclenchent les aurores boréales lors de tempêtes solaires.
  • LIA, un détecteur d’ions en partie conçu par le Laboratoire de physique des plasmas, en France et qui s’intéresse au comportement et à la propagation des ions dans le vent solaire.
  • MAG, le magnétomètre chargé de déterminer l’amplitude du champ magnétique et ainsi savoir exactement où, et dans quelles conditions a lieu la « collision » avec le vent solaire.
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Les instruments scientifiques de Smile. Source : ESA

Désormais, la prochaine étape pour Smile est de se placer à la bonne altitude, sur une orbite elliptique qui le fera passer à 121 000 kilomètres au-dessus du Pôle Nord, et à à peine 5 000 kilomètres du côté du Pôle Sud. Cela lui prendra environ un mois, et la véritable collecte de données aura lieu à partir de juillet.

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