Tout un vocabulaire autour des virus avait fait son apparition lors de la crise du Covid et revient aujourd’hui avec le hantavirus. Il a par exemple été demandé si cette souche Andes qui a contaminé les passagers à bord du MV Hondius serait capable de muter.
Chez un virus, une mutation est une modification d’une partie de son ADN ou de son ARN. Il s’agit donc d’un changement dans son code génétique nécessaire à sa survie. Lorsqu’ils se multiplient très rapidement en un grand nombre, les virus répliquent également leur génome. Sauf que cette copie peut contenir des « erreurs », des variations d’un génome à un autre. Si les mutations sont trop importantes et changent jusqu’à la constitution du virus, on parle alors de variant.
A priori, pas de mutations mais…
Pour le hantavirus, cette souche Andes détectée à bord du navire de croisière est la même que celle que l’on trouvait déjà dans d’autres cas remontant à 1997 en Argentine, ce qui serait une bonne nouvelle car ça démontrerait l’existence d’une souche solide qui n’aurait pas tendance à muter.
Cette information est rendue disponible par l’analyse du génome du virus qui a contaminé plusieurs personnes.
Une analyse préliminaire parue sur le site Virological assure que le virus de 2026 est similaire à 99 % à celui de 1997, et aussi aux contaminations répertoriées, toujours en Argentine, en 2018. Attention toutefois : une similarité de 99 % laisse quand même place à des mutations potentielles. Si certaines sont neutres, d’autres peuvent suffire à modifier la « clé » protéique que le virus utilise pour pénétrer nos cellules.

Plus dans le détail, quelques menus changements ont tout de même été notés, mais sans que cela n’affecte, a priori, le comportement du virus. Ce qui signifie qu’il ne deviendrait pas subitement plus transmissible ou plus dangereux.
Cette stabilité apparente s’explique par la forte spécialisation du hantavirus Andes à son hôte rongeur : un changement trop radical de son code génétique pourrait l’empêcher de survivre dans son réservoir naturel, ce qui freine mécaniquement son évolution.
Mais tout n’est pas si simple. Auditionnée aujourd’hui devant l’Assemblée nationale, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a expliqué que l’analyse génomique n’avait pas encore été menée à 100 %. Il faudrait encore quelques jours de travaux supplémentaires pour s’assurer que le virus n’allait pas muter. Plus qu’une impossible absence de mutations, les autorités cherchent surtout à vérifier l’absence de mutations qui pourraient faciliter la réplication du virus chez l’humain par rapport à son réservoir naturel, le rongeur.
… Nos connaissances sont encore partielles
D’autant plus que tous les virus mutent. Ils n’ont pas tous le même rythme, par exemple le SARS-CoV-2 à l’origine du Covid est bien plus lent que la grippe, ou encore le VIH. Mais en plus, le taux de fixation, c’est-à-dire le temps durant lequel il reste stable, évolue selon la diffusion du virus.
En d’autres termes, plus il se transmet dans une population, plus il se multiplie, et plus il a de chances de muter. Comme pour le monde du vivant, certaines mutations sont des obstacles posés devant sa propagation et les « individus » qui en sont dotés ne survivent pas. En revanche, si une de ces mutations rencontre un succès, par exemple en réussissant à se diffuser plus efficacement, elle pourrait changer la donne.
Donc, pour résumer : cette souche du hantavirus ne donne pas l’impression de muter facilement. Elle a pu survivre des années sans connaître de changements majeurs, en tout cas en apparence. Mais ce verdict n’est pas définitif : l’ANRS précise sur son site qu’il faudrait des analyses phylogénétiques plus poussées pour s’en assurer. Il s’agit d’une méthode qui cherche à reproduire une sorte d’arbre généalogique du virus et de son évolution au cours des années. Jusque-là, il est important de savoir que l’on ne sait pas tout sur ce virus, loin de là.
L’enjeu est de taille : déterminer si tous les passagers du navire ont été contaminés par une source unique (le rongeur) ou si le virus a commencé à se transmettre — et donc à s’adapter — de passager à passager durant le voyage.
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