L’espace, c’est compliqué, mais le retour sur Terre est loin d’être simple. En conclusion de leur désormais célèbre « road-trip » spatial d’une dizaine de jours au-delà de la Lune — une première depuis Apollo 17 en 1972, il y a plus d’un demi-siècle —, l’équipage de la mission Artémis va procéder très bientôt à sa rentrée atmosphérique.
Cette chute à haute vitesse vers la Terre, qui soumettra le vaisseau Orion à des températures invraisemblables, s’achèvera en bout de course dans les froides eaux de l’océan Pacifique. Une fois en mer, la capsule ne sera bien évidemment pas laissée seule très longtemps : pour récupérer les quatre astronautes, les quatre héros, l’armée américaine est mobilisée.
Un navire de débarquement amphibie
Puisque la mission Artémis II va finir dans l’eau à la fin de son périple, c’est bien sûr l’US Navy qui se trouvera en première ligne pour récupérer Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen : la marine va dépêcher l’USS John P. Murtha, un navire de débarquement amphibie qui dispose d’atouts très intéressants pour repêcher Orion.

Sa botte secrète ? Comme il s’agit d’un Landing Platform Dock, le bateau est équipé d’un imposant radier inondable, une sorte d’immense cale qui donne directement sur la mer. Une fois la porte ouverte à l’arrière, l’eau pénètre à l’intérieur et l’on peut faire sortir des embarcations ou faire entrer un véhicule spatial flottant en mer.
Navire relativement récent dans la flotte américaine, car admis au service actif en 2016, l’USS John P. Murtha embarque également le nécessaire pour prendre en charge les astronautes. Il y a une infirmerie à bord pour effectuer les premiers examens médicaux, des moyens de communication modernes et, surtout, des hélicoptères qui aideront à suivre l’arrivée d’Orion.

Plongeurs d’élite et hélicos en embuscade
Car si l’USS John P. Murtha constitue la pièce maîtresse du dispositif, le navire ne travaillera pas seul. Il y aura également tout un volet aérien qui se déroulera : l’US Navy entend en effet déployer des moyens aéroportés avec les fameux hélicoptères MH-60S Sea Hawk fournis par l’Helicopter Sea Combat Squadron 23.
Leur rôle ne se limitera pas à filmer la rentrée atmosphérique ou à faire du repérage : ce sont eux qui se chargeront de l’extraction de l’équipage. Dès que les astronautes mettront le nez hors de la capsule, ces derniers seront hélitreuillés et rapatriés rapidement sur le pont du navire pour être pris en charge par l’équipe médicale.
Cela ne s’arrête pas là. Pendant ce temps, au ras des vagues cette fois, il y aura également des plongeurs appartenant au groupe Explosive Ordnance Disposal Group 1 (EODGRU-1) qui vont évoluer près de la capsule. Ce groupe est spécialisé dans le sauvetage, le remorquage et les opérations en mer à bord de petites embarcations.

Il s’agira pour cette équipe de sécuriser la capsule, l’arrimer solidement et la tracter avec précaution jusque dans le « ventre » de l’USS John P. Murtha. Une équipe de médecins-plongeurs sera d’ailleurs à leurs côtés sur l’eau lors de l’ouverture de l’écoutille, pour parer à toute éventualité — en effet, une rentrée atmosphérique peut être très brutale.
L’US Navy s’est entraînée pour ce jour clé
Tout ce déploiement n’est pas pour le spectacle. Il s’agit de bien sécuriser la fin de mission Artémis II, après une odyssée exceptionnelle dans l’espace. Ce type de déploiement militaire n’est en réalité pas nouveau : de gros moyens militaires ont également été déployés du temps du programme Apollo, dans les années 1960 et 1970.

Pour l’US Navy, le retour d’Artémis II sera cependant l’occasion de mettre en pratique concrètement l’entraînement spécifique que les différentes équipes ont suivi ces dernières années. Le personnel de l’armée a en effet répété la manœuvre, y compris en mer, pour être pleinement opérationnel le jour J. Et celui-ci est maintenant imminent.
Cette préparation est essentielle pour la suite. Car après Artémis II, il y aura d’autres missions spatiales ambitieuses en direction de la Lune. La plus attendue, évidemment, est celle prévue dans deux ans : Artémis IV. C’est en effet en 2028 que la Nasa doit faire alunir un équipage sur le satellite. Et au retour, ce sera à la Navy de les récupérer.
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