Et si la Station spatiale internationale (ISS) devenait un musée ? L’idée n’est pas entérinée, loin de là, mais des élus américains y songent. Un comité du Congrès a voté un amendement, qui n’a pas encore été complètement approuvé, pour réexaminer la situation du plus célèbre laboratoire du monde. L’idée ? Trouver une alternative aux projets actuels de la NASA pour s’en débarrasser dans quelques années.
Pour l’instant, le programme de l’agence spatiale américaine concernant le devenir de l’ISS est simple. En 2030, c’est la fin des vols habités à bord de la station. À ce moment-là, il est envisagé une mission avec des capsules Dragon de SpaceX modifiées devant « pousser » l’ISS vers le bas, pour qu’elle se consume dans l’atmosphère et sombre quelque part dans l’océan Pacifique.
Éviter une chute définitive
Mais, rapporte le média Ars Technica, l’amendement de ces élus évoque la possibilité d’une alternative. Il demande à la NASA de procéder à une étude de faisabilité pour voir s’il était techniquement possible et viable de plutôt transférer l’ISS sur une orbite cimetière, là où elle pourrait rester à errer sans gêner d’autres satellites. « Stocker l’ISS dans un tel environnement, après la fin de ses opérations en orbite basse, pourrait servir à la préserver pour une potentielle nouvelle utilisation, et répondre aux objectifs de la NASA », est-il argué.

Porté par des parlementaires républicains et démocrates, le projet met en avant le fait que l’ISS a une importance historique et technologique majeure. La station a aussi une valeur financière importante puisqu’elle représente, durant les trois décennies de sa vie opérationnelle, un investissement américain estimé autour des 100 milliards de dollars. Dès lors, cela justifie de bien évaluer toutes les options disponibles avant de décider de la faire disparaître dans une chute spectaculaire.
Cette alternative pourrait être techniquement délicate. Le plan actuel mêle un contrat d’un milliard de dollars pour SpaceX et des enjeux de sécurité — il s’agit d’éviter une rentrée atmosphérique incontrôlée, ce qui pourrait être dangereux au vu de la taille de l’ISS. La structure pèse plus de 400 tonnes et son envergure atteint la centaine de mètres en longueur.
Encore quelques défis techniques à régler
Pour la placer sur une orbite plus basse où elle finirait par se désorbiter, les études évaluent un besoin en carburant d’environ 10 tonnes, mais il en faudrait le double pour la rehausser sur une orbite cimetière, par exemple entre 640 et 680 km. À cette altitude, elle resterait une centaine d’années en orbite, sans risquer de plonger dans l’atmosphère.
Une telle opération nécessiterait des propulseurs beaucoup plus puissants, avec des quantités de carburant trop importantes pour les moyens actuels. Ars Technica avance qu’un lanceur tel que le Starship pourrait convenir, mais les dimensions de ce lanceur sont telles que l’engin pourrait aussi risquer d’endommager la station durant les manœuvres d’amarrage.

Par ailleurs, si l’ISS était placée à une plus haute altitude, elle serait aussi plus susceptible d’être frappée par des débris spatiaux, ce qui augmenterait considérablement le nombre d’objets incontrôlables sur ces orbites. Si elle est effectivement transformée en musée inerte ou, du moins, placée dans une sorte d’hibernation, elle pourrait alors se retrouver dans une situation où elle ne pourrait pas manœuvrer pour éviter ces projectiles.
Les défis techniques sont donc toujours nombreux. Mais les parlementaires ont à cœur d’étudier toutes les possibilités avant de faire disparaître l’ISS sans possible retour en arrière. L’un d’eux, Don Beyer, a ajouté : « Je déteste l’idée que l’on prenne quelque chose sur lequel nous avons dépensé tant d’argent, et qui est aussi une part importante de l’histoire de l’humanité, et qu’on le jette dans l’océan Pacifique pour ne jamais plus le revoir, plutôt que de le préserver. »
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