La Station spatiale internationale doit être nettoyée avec soin par les astronautes, pour leur propre sécurité. Un seul endroit échappe au grand ménage hebdomadaire, afin de préserver une expérience scientifique. En quoi consiste-t-elle ?

Même en orbite, il faut s’occuper des tâches ménagères : parmi les missions des astronautes dans la Station spatiale internationale, il y a le nettoyage de l’habitacle. Frottage des murs à l’aide de chiffons et gants, passage de l’aspirateur, ramassage des ordures pour les rapporter sur Terre… ces activités font moins rêver que les expériences scientifiques, mais elles font partie de la vie dans l’ISS.

Le décrassage de cet espace confiné est impératif pour éviter que les bactéries ne s’accumulent : tous les samedis dans la station, c’est matinée ménage. Néanmoins, il y a un endroit dans l’ISS que les astronautes n’astiquent pas. L’Agence spatiale européenne (ESA) l’a rappelé le 19 janvier 2021. Ce n’est évidemment pas un oubli : il s’agit de préserver les conditions nécessaires à une expérience scientifique. Elle est baptisée MatISS, pour « Microbial Aerosol Tetherin on Innovative Surfaces in the ISS » (et MatISS-2.5, dans sa version améliorée).

Porte-échantillons de l’expérience MatISS. // Source : © CNES/GRIMAULT Emmanuel, 2016 (photo recadrée)

Tester des matériaux limitant la prolifération de bactéries

L’objectif de l’expérimentation est d’étudier comment les surfaces de l’ISS peuvent empêcher la prolifération d’agents pathogènes. Comme l’avait détaillé l’ESA en avril, l’expérience consiste à tester les capacités de différents matériaux pour entraver le développement de micro-organismes en microgravité. Les unités à tester ont une ouverture sur les côtés, afin de laisser passer l’air et de récupérer les micro-organismes. Ainsi, il devient possible de voir comment les bactéries se posent sur les surfaces, créent des stratégies pour s’y attacher et façonnent des biofilms.

L’expérience MatISS, gérée par le CNES, avait à l’origine été mise en service en 2016 par le Français Thomas Pesquet. La dernière des expériences du projet, MatISS 2.5, a été menée pendant un an et ses porte-échantillons sont désormais revenus sur Terre, précise l’ESA, afin d’y être analysés.

Comprendre quels matériaux peuvent limiter la prolifération des micro-organismes n’est pas seulement important pour la sécurité des astronautes dans l’ISS. C’est aussi un moyen de savoir quelles surfaces il faudrait privilégier dans des vaisseaux transportant les humains à travers l’espace. Plus proche de nous, l’expérience donne aussi des indications utiles pour équiper des lieux publics (boutons d’ascenseurs, poignées de porte…) en surfaces antimicrobiennes.

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