La perte de masse des glaciers serait finalement 14 à 23 % plus élevée que les précédentes projections, d’après une étude de début 2023.

Le changement climatique entraîne une perte de masse des glaciers. Les anomalies de chaleur génèrent une fonte précoce, mais il y a aussi des réactions en chaîne : l’effet albédo permet à la lumière (donc à la chaleur) de rebondir sur la neige et la glace (blanches). Cependant, moins il y a de surface de ce type, moins cet effet essentiel s’applique. S’ajoute la hausse de température des eaux. Le réchauffement génère alors des phénomènes comme les vêlages de glaciers, qui s’effondrent dans l’eau.

Le problème de la fonte des glaces est attesté, bien documenté et longuement évoqué dans le 6e rapport du GIEC. De même, on sait avec certitude que cela a un effet direct sur la montée des eaux (qui concerne le monde entier). Mais, l’étude qui s’apprête à paraître, le 6 janvier 2023, et à laquelle une équipe française du CNRS a participé, accroît largement le niveau de risque dans ses projections.

La perte de masse des glaciers serait 14 % à 23 % supérieure à la plupart des prévisions déjà produites, dont celles intégrées au rapport du GIEC. Ces nouveaux calculs reposent sur un nouveau modèle mathématique, nourri par des observations sur la perte de masse exacte de chaque glacier connu entre 2000 et 2019.

En clair, ces projections sont basées sur la perte récente de masse de chacun des quelque 200 000 glaciers répertoriés sur Terre. « De plus, le modèle prend désormais en compte des processus jusqu’alors non représentés, tels que les pertes de masse liées au vêlage d’icebergs et l’effet d’une couverture de débris en surface du glacier », précise le CNRS.

Quelles sont les conséquences de ces projections, en fonction du niveau de réchauffement ?

9 centimètres d’élévation des mers en 2100

Dans un scénario où l’on parvient à limiter à 1,5 degrés Celsius le réchauffement planétaire, « 49 % des glaciers du monde, dont tous les petits, sont malgré tout appelés à disparaitre d’ici 2100, provoquant alors une hausse de 9 cm du niveau de la mer », résume le CNRS. Le risque de disparition, tout bonnement, des glaciers est donc accentué. Les plus massifs ne disparaîtraient pas quant à eux dans ce scénario, mais seraient grandement réduits.

Antarctique, océan austral. // Source : Lyubomir Ivanov/Wikimédias/recadré
La fonte des glaciers entraîne une montée des eaux. // Source : Lyubomir Ivanov/Wikimédias/recadré

Quid si l’on ne parvenait pas à maintenir le réchauffement planétaire à 1,5 degré ? Dans un scénario extrême d’une hausse de 4 degrés, « petits et gros [glaciers] seraient touchés et 80 % des glaciers seraient alors amenés à disparaitre, avec une élévation du niveau des mers de 15,4 cm ».

Mais, l’étude n’est pas sans lueur d’espoir. Notamment pour les glaciers les plus massifs situés en Alaska, en Arctique canadien, voire en Antarctique, les mesures de limitation du réchauffement ont un effet immédiat pour limiter leur fonte. Or, ces très gros glaciers sont « clefs pour la montée future du niveau des mers ». Rappelons à ce titre que l’élévation du niveau des mers constitue un enjeu écologique autant qu’un enjeu humanitaire. De nombreuses populations risquent de voir leurs habitats détruits et d’être déplacées, accentuant la question des réfugiés climatiques.


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