On compte un accroissement des recours aux soins durant les trois canicules 2022, dont une partie a abouti aussi à une surmortalité. Santé publique France alerte sur un besoin accru d’adaptation au réchauffement climatique.

Le changement climatique tue. Une large étude le pointait déjà en 2021 : l’augmentation de la mortalité liée à la chaleur est « évidente sur tous les continents ». Il suffit de rester en France pour le constater. Dans un bilan publié le 21 novembre, Santé publique France met en avant les conséquences sanitaires des trois canicules 2022.

L’excès de mortalité est estimé à 2 816 décès d’après ce bilan, ce qui représente une surmortalité de +16,7 %. Cette surmortalité est calculée sur la différence entre le nombre total de décès référencés et le taux « normal » de décès attendu en l’absence d’une canicule. « Ces épisodes se sont inscrits dans un contexte particulier, à la fois sur le plan sanitaire avec une recrudescence de l’épidémie de Covid-19 mais également sur le plan climatique », explique Santé publique France.

Le Sud-ouest particulièrement concerné par la surmortalité

L’organisme ne met pas l’accent que sur la mortalité. Santé publique France s’est penché aussi sur l’indicateur iCanicule, qui regroupe les effets graves de la chaleur sur le corps — hyperthermies, déshydratations, hyponatrémies. On relève 20 000 recours aux soins durant l’été 2022 pour ces causes, dont 17 000 passages aux urgences et dont 10 000 ont ensuite abouti à une hospitalisation.  

La région lyonnaise le 10 août 2021 vs. le 10 août 2022. // Source : Météo-France
La région lyonnaise le 10 août 2021 vs. le 10 août 2022. // Source : Météo-France

La majeure partie des décès concernent les plus de 75 ans. Mais, il y a également un facteur géographique. Les deux tiers de la surmortalité sont concentrés dans le Sud-ouest, c’est-à-dire les régions d’Auvergne-Rhône-Alpes, de Nouvelle Aquitaine, d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte-d’Azur. « Ces régions ont été les plus touchées par les canicules, de manière plus intense dans le Sud-Ouest et de manière répétée et durable dans le Sud-Est », détaille Santé publique France.

Des travaux conjoints de Météo-France et de l’Insee mettaient d’ailleurs récemment en avant cette inégalité face au réchauffement : bien que toute la France soit concernée par l’augmentation des températures et la répétition de fortes chaleurs, certaines régions seront davantage touchées.

Le contexte du changement climatique accroit les risques

L’organisme rappelle que ces chiffres interviennent dans un contexte : l’exposition en hausse aux très fortes chaleurs, « se traduisant par une augmentation des impacts sanitaires associés ». Les canicules plus longues, plus larges et atypiques augmentent effectivement ces dernières années. En cause, le changement climatique, qui accroît les phénomènes météorologiques extrêmes — comme la sécheresse historique qui a touché la France cet été.

Dans ce contexte de changement climatique, « ce bilan souligne la nécessité d’une stratégie d’adaptation et d’atténuation au changement climatique renforcée, au niveau national et territorial », insiste Santé publique France. L’organisme invite à renforcer les dispositifs de prévention — comme les SMS d’alerte testés cet été.

« Le dispositif actuel de prévention fait l’objet d’une évaluation qui permettra notamment d’apprécier sa couverture et son efficacité, et de dégager les pistes d’amélioration de la prévention dans une démarche d’adaptation au changement climatique », précise Santé publique France.

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