On peut avoir l’impression qu’il fait froid pour une fin de mois de juin. Pourtant, il s’agit bien d’une météo de saison. Après plusieurs épisodes de chaleur, notre perception est faussée.

Après l’épisode de forte chaleur survenu à la mi-juin 2022 en France, la chute des températures peut presque donner l’impression qu’il fait froid pour la période et pour la saison — pour rappel, c’est l’été depuis le 21 juin dans l’hémisphère nord. Néanmoins, cette impression est trompeuse. Il a fallu attendre le 26 juin pour connaître le premier jour du mois avec une température moyenne nationale en dessous des normes.

On a oublié ce qu’est un temps de saison en juin

« C’est un temps de saison. Vous n’en avez plus conscience après 5 pics de douceur/chaleur », commente sur Twitter le docteur en agroclimatologie Serge Zaka, administrateur d’Asso Infoclimat (une association de passionnés de météorologie). Sur le graphique suivant, issu du site d’Asso Infoclimat — que vous pouvez parcourir vous-mêmes en ligne –, on peut constater qu’à la date du 26 juin 2022, l’indicateur thermique national (une moyenne obtenue à partir de mesures de la température de l’air dans 30 stations météorologiques réparties en France) est de 18,53° C. Cette valeur est en dessous de 19,6°, valeur qui correspond quant à elle aux normales 1981-2010 (les normales permettent de représenter le climat d’une période donnée et sont calculées sur 30 ans).

indicateur thermique national
Indicateur thermique national du 26 juin 2022. // Source : Capture d’écran Info Climat

Le jour précédent, le 25 juin 2022, l’indicateur thermique national est de 19,44° C, soit plus élevé que la valeur associée aux normales 1981-2010, qui est de 19,4° C. Si l’on continue de survoler le graphique jusqu’au 1er juin 2022, on constate que l’indicateur thermique national a toujours été au-dessus de la norme, chaque jour du mois.

Notre sensation de fraicheur n’est donc qu’apparente, car il ne fait pas spécialement frais pour la période, en cette fin juin 2022. Les précédents épisodes de chaleur, intenses et précoces, contribuent à créer cette sensation faussée de la réalité. Serge Zaka ajoute d’ailleurs que « la chaleur pourrait revenir début juillet », ce qui contribuera sans doute d’autant plus à brouiller nos perceptions.

Désormais, la météo de 2022 en France ressemble à une prédiction dystopique de 2050, qui avait été présentée lors d’un faux bulletin météorologique par Évelyne Dhéliat en 2015. En une seule saison, le printemps 2022, nous avons connu un épisode neigeux et une valeur de 40° C jamais enregistrée aussi tôt dans l’année. Face à ce dérèglement et ces variations, il n’est pas si étonnant que nos sensations soient chamboulées.