Square Enix va lancer une bêta pour Marvel's Avengers, son jeu service aux airs de Destiny. Il y a encore du boulot pour le rendre digeste.

Après avoir dominé le box-office avec une horde de films connectés entre eux, Marvel s’adresse à présent aux fans de jeux vidéo. Pour cela, il s’est lié à Square Enix, éditeur japonais qui a chargé Crystal Dynamics (le reboot de Tomb Raider) de donner naissance à Marvel’s Avengers — un jeu service qui rappelle les deux Destiny, dans cette construction qui mélange des missions en solitaire et en coopération. Pour le studio, l’ambition est de profiter de la richesse de l’univers Marvel afin de proposer une expérience complète et articulée autour d’un casting pléthorique et varié. Sur le papier, l’idée est bonne.

Sitôt les premières images montrées à l’E3 2019, Marvel’s Avengers avait été critiqué pour sa direction artistique et le look des superhéros. Les fans s’attendaient à ce que Crystal Dynamics s’inspire des films pour la partie visuelle, mais les développeurs ont préféré se rapprocher des comics. Malgré ce choix discutable, Marvel’s Avengers nous avait rassurés sur son potentiel à la gamescom de la même année.

Numerama a eu l’occasion d’y rejouer plus longuement grâce à un accès anticipé à la bêta, qui débutera le 7 août sur PS4 (pour celles et ceux qui ont précommandé).

Marvel’s Avengers // Source : Square Enix

Marvel’s Avengers est encore très brouillon

On était ressorti de notre première approche à la gamescom avec une idée plus claire de ce qu’est Marvel’s Avengers (en l’occurrence un Destiny avec des superhéros). Après avoir passé quelques heures supplémentaires sur la bêta, on constate désormais combien Crystal Dynamics a encore du pain sur la planche pour rendre le jeu plus digeste. Le titre démarre pourtant plutôt bien : une introduction qui pose le contexte suivi d’un aperçu du gameplay en incarnant cinq superhéros aux compétences totalement différentes.

Toutefois, dès que l’expérience quitte les rails d’une aventure solo bien racontée, avec mise en scène de circonstance, pour passer au format coopératif, on ne comprend… plus rien. On se demande d’ailleurs s’il sera envisageable de vivre l’intégralité du mode histoire en faisait fi du reste.

Crystal Dynamics a encore du pain sur la planche

Il suffit de se rendre sur le ce compte-rendu disponible sur le PlayStation Blog depuis le 24 juillet pour comprendre la complexité de Marvel’s Avengers. Entre les missions qui font avancer l’histoire, celles liées à un héros spécifique et les objectifs génériques pensés pour encourager l’exploration à plusieurs, on ne sait pas vraiment où donner de la tête. D’autant que la carte permettant de sélectionner une tâche à accomplir n’est pas très claire sur les conditions exactes de chacune d’entre elles.

Bien entendu, Crystal Dynamics a découpé les tâches en niveaux de puissance, régis par l’équipement et la progression des différents héros — un classique du genre et une course au butin comme on en a déjà vécu auparavant. Attention néanmoins, avec plusieurs héros mis à notre disposition, on peut vite s’emmêler les pinceaux. Au lancement, six seront jouables : Captain America, Hulk, Iron Man, Black Widow, Thor et Miss Marvel. Ils seront rejoints un peu plus tard par Hawkeye et Spider-Man (en exclusivité sur PS4 et PS5).

Marvel’s Avengers // Source : Square Enix

Crystal Dynamics a sans doute voulu en mettre « trop » dans son Marvel’s Avengers, qui doit, certes, assurer en matière de contenu pour tenir sur la longueur. Le studio entend éviter le syndrome Anthem, qui a vite sombré dans l’oubli en raison de son contenu trop chiche. Force est de reconnaître que le découpage a l’air alambiqué, avec un mode histoire qui pourrait se noyer dans un torrent de quêtes annexes à la durée aléatoire (entre dix minutes et deux heures selon le studio).

On a pourtant envie de suivre le scénario, qui transforme les superhéros en hors-la-loi après un cataclysme sans précédent ayant conféré des pouvoirs à beaucoup trop de monde. Dans ce contexte peu propice aux Iron Man, Thor et autre Hulk, une multinationale pionnière en technologie est née pour éliminer les indésirables et la jeune Kamala Khan — alias Miss Marvel — décide de partir à la recherche des Avengers pour redorer le blason des justiciers d’autrefois. 

Un point sur lequel Marvel’s Avengers ne déçoit pas : ses graphismes

En misant sur plusieurs superhéros jouables, Marvel’s Avengers prône la variété. Il est vrai qu’on ne joue pas l’aérien Iron Man de la même façon que la féline Black Widow ou que l’intrépide Kamala Khan, capable d’étirer ses membres façon Dhalsim dans Street Fighter. En attendant d’en voir plus du côté des possibilités coopératives, les premières heures suggèrent une expérience plus proche du jeu d’action très grand spectacle que du RPG où il faudra faire attention à ne pas faire n’importe quoi. Tant mieux, penseront certains, puisqu’il y a parfois des problèmes de visibilité (trop de personnages à l’écran) et de caméra. On ne reviendra pas non plus sur l’erreur de casting Hulk, très mis en avant dans la bêta, mais dont la puissance brute ne bénéficie pas d’un traitement cohérent au sein d’une base de gameplay commune à tous les personnages. Proposer un casting varié, c’est également prendre le risque de mettre les moins populaires de côté.

Il y a néanmoins un point sur lequel Marvel’s Avengers ne déçoit pas : ses graphismes, sur PS4 Pro, sont flamboyants et on a hâte de le voir tourner sur les futures consoles. Les effets visuels parviennent à souligner avec brio les aptitudes des superhéros, un tantinet trahis par des animations trop rigides.

On ressent par ailleurs la patte Crystal Dynamics sur la mise en scène qui rappelle parfois les derniers Tomb Raider (qui plagiaient les Uncharted). Il y a un côté grand spectacle qui sied à merveille à un jeu vidéo estampillé Marvel. Il faut voir, par exemple, comment l’introduction nous met avec brio dans l’ambiance : on en prend plein les yeux, on passe d’un personnage à l’autre avec une fluidité bienvenue et les dialogues exploitent à merveille la personnalité de chacun. Il est simplement dommage que le soufflet retombe au démarrage de la première vraie mission associant Hulk et Miss Marvel dans un décor forestier. À l’arrivée, tout porte à croire que Marvel’s Avengers ressemble à des montagnes russes, avec des hauts et des bas.

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