Après une présentation en vidéo à l'E3, nous avons pu prendre en mains Marvel's Avengers sur une PlayStation 4 Pro. Malgré un design cheap, le gameplay est rassurant.

Annoncé de longue date par Square Enix, Marvel’s Avengers a fait sa première vraie apparition à l’occasion de l’E3 2019, où le jeu développé par Crystal Dynamics fut l’un des temps forts de la conférence de l’éditeur japonais. Sauf que l’ambitieux projet n’était pas jouable à Los Angeles, un oubli rectifié quelques mois plus tard pour la gamescom, le salon de jeux vidéo organisé en Allemagne. Nous y sommes et nous n’avons pas manqué de nous jeter sur une manette PlayStation 4 pour voir où en est Marvel’s Avengers.

La démo à laquelle nous avons pu prendre part consistait à (re)vivre l’introduction, quelques minutes avant un cataclysme qui plonge le monde dans le chaos. Une excuse pour offrir la possibilité aux joueurs d’essayer les cinq super-héros jouables. Dans l’ordre d’apparition : Thor, Iron Man, Hulk, Captain America et Black Widow. L’occasion, surtout, de vérifier qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise, les protagonistes n’étant pas de simples skins (de très mauvais goût), malgré un squelette de gameplay commun.

Marvel’s Avengers // Source : Square Enix

Hulk ? Une erreur de casting

On apprécie beaucoup le côté balourd de Thor, capable de balancer son célèbre marteau comme un boomerang — ce que ne renierait pas le Kratos du dernier God of War. On aime aussi beaucoup la féline Black Widow, qui mise sur des esquives dans le bon timing pour placer une contre-attaque dévastatrice. Captain America ? Il n’oublie jamais d’utiliser son bouclier pour parer les coups adverses dans des combats très rapprochés. Quant à Iron Man, il ouvre la voie à de véritables séquences de tirs depuis les airs, quand il ne bombe pas le torse pour balancer un rayon destructeur.

Chacune des têtes d’affiche dispose de ses propres compétences et du feeling qui les accompagne. Crystal Dynamics a par ailleurs soigné la mise en scène (quelques interactions pendant les cinématiques en prime), les effets visuels (un côté grand spectacle) et la modélisation (à ne pas confondre avec le design).

Flanquer une barre de vie à Hulk ? Un non-sens

On sera en revanche beaucoup moins enthousiaste avec Hulk, petite erreur de casting. On comprend la volonté de contenter les fans du personnage. Mais encore faut-il pouvoir le justifier dans une production mélangeant les héros. Flanquer une barre de vie à Hulk ? Un non-sens. Et cette anomalie se poursuit ainsi : le super-héros n’a besoin que d’un coup de poing pour détruire un tank (normal), là où il lui en faut plusieurs pour mettre un humain à terre (pas normal).

Crystal Dynamics touche ici les limites de l’équilibrage : si Hulk était beaucoup plus puissant que les autres (ce qui devrait être la norme) alors les joueurs n’auraient peut-être incarné que lui. Il aurait fallu lui réserver des portions spécifiques et dignes de ses talents, ce qui aurait constitué un paradoxe dans la structure très libre du jeu. Bref, malgré son potentiel et l’amour qu’on lui porte, le géant vert est comme un épi de blé dans un champ de maïs. Comprendre : il n’a rien à faire là.

Marvel’s Avengers // Source : Square Enix

Le Destiny des super-héros

On est ressorti de cette deuxième présentation en quelques mois avec une idée beaucoup plus claire de ce que sera Marvel’s Avengers. En résumé, il prendra la forme d’un Destiny réunissant plusieurs régions remplies de missions à accomplir. Elles seront rangées en deux catégories. Certains objectifs feront avancer l’histoire : on ne pourra les remplir qu’en solo et avec un personnage spécifique.

À l’opposé, les tâches annexes affiliées Warzone (Zone de guerre) offriront des sessions coopératives jusqu’à quatre joueurs. Elles permettront d’incarner l’un des héros que l’on aura pris soin de débloquer au préalable. Bien entendu, plus on accomplira de missions, qui possèdent un niveau de difficulté pour s’y retrouver, plus on en déverrouillera de nouvelles. Sur ce point, Crystal Dynamics n’invente rien et opte pour une recette qui a fait ses preuves.

Le meilleur de plusieurs mondes

En parallèle, il sera possible de personnaliser ses super-héros à outrance. Les possibilités iront de costumes pour habiller son protagoniste favori comme une barbie (coucou les microtransations) à des arbres de compétences, en passant par des pièces d’équipement plus ou moins rares. Les développeurs se servent de cette donnée RPG pour encourager les joueurs à se spécialiser dans un domaine et s’assurer que les fans ne joueront pas tous Iron Man de la même façon. C’est également pour cette raison qu’ils ont imaginé un gameplay efficace à défaut d’être 100 % rafraîchissant. À leurs yeux, il était essentiel qu’il soit le plus flexible possible, soit sans risque exagéré.

Avec de tels ingrédients, Marvel’s Avengers devra se prévaloir d’un contenu à la hauteur des ambitions, surtout pour les joueurs exigeants à la recherche d’un défi colossal une fois l’histoire terminée. On imagine que Square Enix et Crystal Dynamics ont d’ores et déjà un planning de mises à jour et d’événements en tête pour pousser la communauté à revenir après le lancement calé au 15 mai 2020 sur PlayStation 4, Xbox One, PC et Stadia. On entrevoit en tout cas l’envie du studio de réunir le meilleur de plusieurs mondes avec l’authenticité requise pour un produit estampillé Marvel. Solo, coopération, narration, structure ouverte, liberté, personnalisation… : tous les bons ingrédients sont rassemblés.

Charge à Marvel’s Avengers d’être un excellent cocktail, comme l’ont été les films Avengers pour le MCU avant lui.

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