Les films favoris de la rédaction pour l’année 2022. Du cinéma ukrainien, du blockbuster, du divertissement et de l’inattendu.

Le serment de Pamfir, pour Bogdan

Tous les films nommés à Cannes ne sont pas barbants et condescendants. Le serment de Pamfir est le parfait exemple d’un cinéma beau et énergique. On y découvre l’Ukraine autrement que par l’actualité, à travers un père empêtré dans une histoire de banditisme local. Ancien contrebandier à la frontière roumaine, il va tenter un dernier coup afin de trouver les fonds nécessaires pour réparer une bêtise de son fils. On se retrouve rapidement plongé dans une histoire quasi légendaire, amplifiée par la culture tribale des Carpates, où le héros devient un loup solitaire en quête de vengeance. Un festival chamanique, des masques de démon, des forêts brumeuses de conifères… Le réalisateur Dmytro Sukholytkyy-Sobchuk a su trouver la parfaite ambiance pour son premier long-métrage.

On y trouve du Nicolas Winding Refn (réalisateur de Drive et Bronson), avec des jeux de lumière, des couleurs néons qui rayonnent dans la nuit, des plans séquences pour accentuer la tension. Sans être un film politique, Le serment de Pamfir fait référence avec parcimonie à des sujets propres à la société ukrainienne : l’immigration, l’envie d’une union avec l’Europe, la lutte contre la corruption, les morts au front à l’Est. Une première ouverture sur l’Ukraine avec le cinéma.

Le serment de Pamfir
Le serment de Pamfir. // Source : Le serment de Pamfir

Bullet Train, pour Julien

D’ancienne doublure de Brad Pitt à cinéaste. Voilà le parcours étonnant de David Leitch, qui a déjà à son crédit des films comme John Wick, Atomic Blonde ou bien Deadpool 2. Et c’est au cours de l’été 2022 que le réalisateur est revenu sur les écrans avec l’inattendu et très surprenant Bullet Train, qui met en scène un Brad Pitt plus cool et plus détendu que jamais.

On voit que David Leitch vient de la cascade à travers ses longs-métrages et bien sûr Bullet Train n’y échappe pas. On cogne dans tous les sens, il y a de l’action et des rebondissements en pagaille. C’est vrai, la proposition cinématographique n’est pas très profonde. Mais c’est assumé — on croirait à une sorte de récréation : un train est lancé à grande vitesse et on brode une histoire autour.

Outre un Brad Pitt très décontracté, on apprécie les autres personnages secondaires — en particulier le duo improbable de Mandarine et Citron, noms de code pour les acteurs Aaron Taylor-Johnson et Brian Tyree Henry. Et Joey King, en personnage féminin, réussit à très tout à fait horripilante. Bref, c’est coloré, c’est pétillant, ça déménage et ça vanne.

Un film lancé à grande vitesse, quoi. Parfait comme blockbuster.

Bullet Train
Brad Pitt, d’une nonchalance rare. // Source : Bullet Train

Avatar : la voie de l’eau, pour Marcus

Ce n’est pas pour rien que l’on a décrit Avatar 2 comme le film de l’année : c’est l’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma. Cela tient à sa beauté visuelle, mais surtout à sa direction artistique à couper le souffle. Toujours sous la forme d’un conte écologique, Avatar 2 mise autant sur le grand spectacle dans l’action que dans la poésie des séquences contemplatives.

Notre critique d’Avatar : la voie de l’eau.

Le clan Metkayina est le peuple maritime de Pandora. // Source : Avatar 2
Le clan Metkayina est le peuple maritime de Pandora. // Source : Avatar 2

Top Gun : Maverick, pour Maxime

J’ai grandi avec le premier film Top Gun, immense plaisir coupable réalisé par feu Tony Scott. J’ai voulu être Maverick et embrasser, moi aussi, une carrière de pilote de chasse (je me suis ravisé, bien sûr). Chaque fois que j’entends Take My Breath Away, je pense à ce long métrage qui m’a tant marqué. J’avais tout à craindre d’une suite, surtout avec une attente aussi longue. C’était sans compter l’immense implication de Tom Cruise, qui repousse toujours plus loin les limites du possible pour faire le (grand) spectacle. Top Gun: Maverick dépasse tout ce qu’on pouvait espérer, transformant la ringardise d’antan en un petit tour de force narratif. Et puis, c’est du cinéma avant tout, porté par un casting qui se transcende et une réalisation de haute voltige.

Notre critique de Top Gun : Maverick.

Top Gun: Maverick // Source : Paramount
Tom Cruise dans ses œuvres. // Source : Paramount

Everything Everywhere All At Once, pour Thomas

Si le concept de multivers s’est imposé ces dernières années comme un élément essentiel de notre paysage culturel, en particulier dans les films de super-héros, Everything Everywhere All At Once aura réussi en 2022 à détourner les codes et les clichés habituellement qui y sont souvent associés pour offrir un film aussi divertissant que touchant.

À la frontière entre le film d’auteur, le blockbuster d’action, la comédie, le film de SF et le drame familial intimiste, le film des Daniels explore le concept de multivers à hauteur humaine, en nous parlant de regrets, d’actes manqués et de situations familiales compliquées, le tout avec une mise en scène constamment riche, parfois à la frontière de l’expérimental, mais toujours divertissante et accessible. Un véritable tour de force, autant dans sa narration que dans son esthétique, et un film qui marque profondément !

Notre critique d’Everything Everywhere All At Once.

Source : Everything Everywhere All At Once
Michelle Yeoh à travers les dimensions. // Source : Everything Everywhere All At Once

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