On a pu jouer quelques minutes à Lies of P, jeu vidéo développé par Neowiz qui sera une relecture très sombre de Pinocchio. Où la célèbre marionnette devra se battre comme dans un Dark Souls.

Je suis arrivé à la gamescom vers 9h45 avec un premier objectif en tête : jouer à Lies of P, qui a eu droit à une bande-annonce impressionnante durant la cérémonie d’ouverture. Je savais qu’une démo était accessible sur le stand de Microsoft. Problème ? Il n’avait qu’une seule borne disponible et, par conséquent, une queue interminable, preuve d’un engouement immense pour ce projet qui s’assume en héritier des Dark Souls — soit des RPG d’action particulièrement exigeants — et qui est centré sur Pinocchio (héros italien d’un roman pour enfants).

On m’a d’ailleurs annoncé une attente de 2 heures avant de pouvoir jouer 10 petites minutes à Lies of P. J’ai finalement pu prendre la manette vers 12h30, motivé par les quelques retours positifs que j’avais pu entendre çà et là en tendant l’oreille. Si 10 minutes s’avèrent trop peu pour juger pleinement un jeu, elles suffisent pour affirmer que Lies of P s’appuie sur des bases connues, mais très solides.

Elles donnent en tout cas envie d’en découvrir plus, sachant que le titre sera disponible en 2023 sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox One et Xbox Series X/S.

Un Dark Souls avec Pinocchio

Xbox Game Pass

Bonne nouvelle : Lies of P sera disponible dès le jour de sa sortie dans le Xbox Game Pass.

Lies of P nous propose donc d’incarner Pinocchio, alors qu’il doit trouver Geppetto dans une ville à l’atmosphère bien plus angoissante que les souvenirs que vous auriez de l’adaptation en dessin animé par Disney. Au nécessaire jeu des comparaisons, on pourrait arguer que Lies of P ressemble beaucoup à Bloodborne, un autre rejeton des Dark Souls (également développé par FromSoftware). Les premiers décors se composent de ruelles malfamées, peuplées d’étranges personnages et animées par des bruits qui font froid dans le dos. Le mythe de Pinocchio est ici dépeint dans sa forme la plus flippante, loin de l’histoire pour enfants. C’est une approche intéressante, à condition que la direction artistique, inspirée de la Belle Époque, suive de bout en bout.

En termes de gameplay, les fans des Dark Souls trouveront leur marque sans souci, tant les mécaniques sont reprises quasiment à l’identique. Entre la barre de vie qui réduit très vite, la jauge d’endurance à bien gérer, les esquives, les contres risqués ou encore les points d’expérience à aller rechercher sur sa dépouille, tout est là. Il y a aussi les raccourcis pour se faciliter les déplacements, tout comme les zones pour se reposer (et faire renaître tous les ennemis au passage). Les premiers affrontements permettent de prendre ses marques mais, très vite, les ennemis coriaces apparaissent. Ils demandent de consommer des potions, lesquelles se rechargent en tapant, et d’utiliser des coups spéciaux plus puissants.

Lies of P
Lies of P // Source : Neowiz

À première vue, Lies of P n’invente pas grand-chose, du moins dans les éléments de base. Mais il s’attache quand même à bien reproduire la recette. Beaucoup se sont cassé les dents en voulant faire leur propre Dark Souls, souvent en raison d’un gameplay trop perfectible. Ce n’est pas le cas ici. Techniquement solide, Lies of P s’appuie sur des mouvements fluides et des commandes qui répondent bien. Il s’agit de qualités indispensables pour offrir un degré de précision en adéquation avec le défi corsé qui attend les joueuses et les joueurs.

Derrière ce socle encourageant, Lies of P pourrait — ou devra — faire la différence avec des idées à lui, lié à son univers atypique et à son héros d’un autre genre (la personnalisation sera poussée, nous promet-on). On pense aux mensonges, qui pourraient vraiment s’inscrire dans la narration. C’est ce que suggère un communiqué de presse envoyé le 23 août, où on peut lire : « Plus il y aura de mensonges racontés, plus les joueurs deviendront humains, avec tout ce que cela implique en termes d’avantages et d’inconvénients. » Lies of P proposera visiblement des choix forts ayant un impact sur la condition de Pinocchio, qui perdrait en puissance en cachant la vérité. À moins que ça ne soit l’inverse…