QAnon regroupe plusieurs théories du complot autour desquelles se sont regroupés des centaines de milliers d'internautes, américains et à l'international. Il existe depuis fin 2017.

Le groupe « Official Q/Qanon » comptait plus de 200 000 membres : il vient pourtant d’être supprimé par Facebook, car de nombreux membres y publiaient des théories du complot jugées dangereuses, a rapporté Reuters le 7 août 2020.

QAnon est un terme qui revient régulièrement dans les médias depuis son apparition sur le web en 2017, mais il a pris de l’ampleur ces derniers mois, à mesure que le mouvement qu’il représente semble s’agrandir. Mais de quoi s’agit-il ?

Recherches Google liées à QAnon dans le monde depuis 5 ans

À l’origine, QAnon est le nom d’une théorie du complot, mais le terme est depuis régulièrement utilisé pour définir le mouvement que forment ses adeptes. Ces derniers sont persuadés qu’il existe une conspiration contre Donald Trump qui serait organisée par « l’État profond », mais aussi que le président américain travaillerait en secret sur l’arrestation d’éminents membres du parti Démocrate car ceux-ci seraient impliqués dans des réseaux pédophiles et sataniques.

Q et les autres

Tout a débuté par la publication en octobre 2017 d’un message sur 4chan, l’imageboard (une sorte de forum où l’on publie des images) prisé de l’extrême droite où tous les internautes publient anonymement, et s’appellent tous Anonymous. Une personne qui se fait appeler « Q » (qui pourrait être en rapport avec la Q Clearance, une autorisation qui permet d’avoir accès aux documents confidentiels au sein du Département de l’Énergie des États-Unis) assure que Hillary Clinton va bientôt être arrêtée, puis que le dirigeant Nord-coréen Kim Jong-un est une marionnette contrôlée par Trump.

Ses messages ont des points communs : ils prétendent avoir eu accès à des fuites qui viennent de très haut, et deviennent de plus en plus mystérieux, voire cryptiques, ce qui motivent encore plus les internautes à chercher des réponses aux énigmes disséminées sur 4chan et 8chan (le même style d’imageboard, mais tellement sulfureux qu’il a déjà été banni plusieurs fois), et même à développer leur propre lexique.

En 2018, NBC montre que « Q » n’est probablement pas qu’une seule personne, ou que si c’est le cas, ses idées ont surtout été partagées par trois internautes, qui ont contribué à rendre virales ses théories fantasmagoriques. Il s’agirait de deux modérateurs de 4chan et d’une vidéaste. Ils ont utilisé la popularité grandissante de l’alias Q pour créer une communauté Reddit appelée Calm Before the Storm (le calme avant la tempête), puis une deuxième, The Great Awakening (Le Grand Réveil). Les deux ont été supprimées en mars et septembre 2018, car elles enfreignaient les règles de la communauté de la plateforme en « incitant à la violence, au harcèlement et à la dissémination d’informations personnelles. »

Donald Trump. Image d’illustration. // Source : Wiki Commons

Les élections américaines de novembre en ligne de mire

Actif depuis quelques années, le mouvement a continué à proliférer sur les réseaux sociaux. En mai 2020, l’existence des partisans des théories de QAnon est revenue sur le devant de la scène, lorsque Facebook les a mentionnés directement dans son billet de blog, expliquant avoir supprimé 5 pages, 6 groupes et 20 comptes « associés au mouvement QAnon, connu pour partager des théories du complot ». Puis Twitter a décidé, en août, de supprimer près de 7 000 comptes qui partageaient des contenus conspirationnistes en lien avec QAnon, tandis que près de 150 000 ont été « masqués ».

Derrière ces actions, il y a, en filigrane, l’élection présidentielle américaine de novembre 2020 qui approche à grands pas. « Nous avons observé ces comportements au cours de notre enquête sur les comportements non-authentiques, potentiellement coordonnés, en amont des élections de 2020 aux USA », a d’ailleurs clairement souligné Facebook en mai.

Il semble clair que les multinationales de réseaux sociaux espèrent éviter de réitérer les erreurs de 2016, lorsque Facebook avait été utilisé par des mouvements politiques, notamment pro-Trump, pour propager des informations volontairement mensongères (« fake news »), et potentiellement influencer des électeurs et électrices, comme l’avait montré BuzzFeed après l’élection du président américain.

Partager sur les réseaux sociaux