Alors que se jouait la survie de plusieurs enfants et de leur professeur en 2018, une polémique était apparue en parallèle entre Elon Musk et un sauveteur britannique. Un an plus tard, l'affaire s'est judiciarisée.

Les prises de parole intempestives d’Elon Musk, notamment sur Twitter, ont fini par se retourner contre lui. L’entrepreneur américain, qui avait traité (sans aucune preuve) de pédophile l’un des sauveteurs mobilisés pour évacuer des enfants pris au piège dans une grotte inondée, devra s’expliquer en justice sur ces allégations, jamais étayées. Sa dernière tentative d’éviter un procès n’a pas abouti.

Dans son édition du 28 octobre, Bloomberg rapporte qu’un juge américain a statué qu’un jury devra déterminer si Elon Musk a été négligent parce qu’il n’a pas vérifié que les déclarations qu’il a faites dans ses tweets et ses mails étaient exactes. Ce procès doit débuter au mois de décembre. La décision d’octobre, qui était attendue depuis mai, visait à déterminer les suites à donner à ce dossier.

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Elon Musk. // Source : Michelle Andonian

Discorde autour d’un sauvetage

Rappel des faits.

Au cours de l’été 2018, un professeur de sport accompagné de plusieurs élèves se retrouvent coincés dans un réseau souterrain inondable en Thaïlande. L’affaire, dramatique, avait attiré l’attention des médias du monde entier, puisque la menace de pluies torrentielles laissait craindre une mort par noyade des malheureux. Cependant, les secours étaient en train de s’organiser pour les sortir de là.

L’évènement avait toutefois pris une tournure inattendue, avec l’apparition d’Elon Musk dans les débats sur l’opération de sauvetage. Il proposait de construire en vitesse un mini sous-marin pour aller chercher le prof et ses élèves. SpaceX, sa société spécialisée dans les engins spatiaux, avait même commencé à plancher sur un prototype, basé sur un tube de transfert pour oxygène liquide.

Le sous-marin de la discorde // Source : SpaceX

La proposition assez peu conventionnelle d’Elon Musk avait toutefois été écarté par un plongeur et spéléologue chevronné, le Britannique Vern Unsworth. L’intéressé jugeait le projet inefficace et, il est vrai, n’avait pas usé de beaucoup de tact : « Il peut mettre son sous-marin là où ça fait mal », avait-il notamment lâché, avant d’expliquer plus en détail ce qui n’allait pas.

« Ce n’était que de la communication. Son sous-marin était rigide et trop long, il n’aurait pas avancé plus de 50 mètres dans les caves à partir du point de plongée ». Le responsable de l’opération avait également jugé l’intervention de l’Américain inadaptée à la réalité du terrain : « Même si leur équipement est très sophistiqué technologiquement parlant, il ne correspond pas aux besoins de notre mission  ».

Capture d’écran du tweet supprimé // Source : twitter/elonmusk

Des accusations sans preuve

Elon Musk en avait alors pris ombrage, en se livrant à l’attaque ad hominem : en quelques tweets, supprimés par la suite, le milliardaire a affirmé que le Britannique était en fait un « pédophile ». Quelles preuves avait-il ? Aucune. Il a simplement dit qu’il pouvait « parier que c’était vrai ». Dans un premier temps, l’intéressé avait fait acte de contrition, en présentant ses excuses, avant de remettre le couvert dans un mail.

Dans un courrier adressé le 4 septembre 2018 à un reporter de BuzzFeed News, Elon Musk écrivait, toujours sans preuves : « Je vous suggère d’appeler des gens en Thaïlande, vous rendre compte de ce qu’il se passe et arrêter de défendre des violeurs d’enfants ». Il a affirme que le sauveteur a « voyagé ou bien vécu en Thaïlande pendant 30 à 40 ans » et qu’il a une « épouse enfant ».

Ces attaques répétées ont fini par avoir raison de la patience de Vern Unsworth. À la découverte de ce courrier, le sauveteur a décidé de porter l’affaire devant un tribunal, après avoir demandé officiellement à Elon Musk de cesser de le diffamer. Il réclame aujourd’hui 75 000 dollars de dommages et intérêts et souhaite par ailleurs que la justice contraigne Elon Musk à se taire une bonne fois pour toutes sur ce sujet.

Crédit photo de la une : Capture d'écran YouTube / Comfy Boii

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