Feed., la foodtech française qui veut « révolutionner » nos repas d'employés surbookés, vient de lever 15 millions d'euros. Il y a donc vraiment un public pour de la nourriture en poudre.

Si vous n’en aviez pas encore entendu parler, Feed. est une startup française spécialisée dans la fabrication et la commercialisation de repas en poudres et en barres. Ce 20 juin 2018, l’entreprise annonce une levée de fonds à 15 millions d’euros destinée à renforcer leur implantation à l’étranger.

Les repas en poudres, plus vendeurs qu’il n’y paraît

Feed., c’est cette promesse écrite en gros caractères sur leur site web : « Naturellement gourmand et dans des formats adaptés aux personnes actives, Feed. vous apporte 100 % de vos besoins nutritionnels, sans aucune carence. » Sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être pu déjà apercevoir une de leurs publicités sponsorisées, perdue entre celles SoShape (qui repose sur le même principe mais pour maigrir) et celles du dernier bon plan épargne-logement. Bref, Feed. promet de vous amener à satiété en très peu de temps ET de la bonne manière afin d’aider les personnes pressées à mieux manger. La définition de la smartfood.

Le principe est simple : mélanger de la poudre et de l’eau à température ambiante, remuer 45 secondes dans un shaker et voici votre repas équilibré, garanti vegan, sans OGM, sans lactose et sans gluten. Un confrère de Franceinfo s’est d’ailleurs essayé à ce curieux régime pendant 10 jours, finissant par n’en plus pouvoir de consommer tous les jours cette boisson à température ambiante, sans rien à mâcher, jaloux du moindre plat de pâtes qui croisait sa route.

N’en déplaise aux plus gastronomes d’entre nous, ces petits sachets en poudre rencontrent beaucoup de succès. Lancée en janvier 2017 par Anthony Bourbon, la startup peut déjà se vanter de millions de repas vendus et de contrats passés avec la grande distribution. D’après Maddyness, Anthony Bourbon prévoit de dépasser les 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018. Une ambition rehaussée à 100 millions d’euros pour les deux ans à venir. En tout, ce sont près de 18,5 millions d’euros en un an que la société a pu lever grâce à ses investisseurs Otium Brands et Alven. La première levée ayant été conclue à 3 millions en septembre 2017.

Cette importante levée de fonds devrait aider la société à développer sa communication à l’international et ouvrir un premier bureau aux États-Unis. Il faut dire que le startup a beaucoup à faire pour pouvoir rivaliser avec Soylent, son concurrent américain dont le nom fait référence à Soylent Green (mais si, ce film d’anticipation où les gens mangent des tablettes composées de cadavres humains) et dont la composition lui a valu d’être banni du Canada.

Feed., de son côté, mise sur l’équilibre de ses repas et ses ingrédients « sains ». Très exposé aux critiques et railleries, Anthony Bourbon ne se démonte pas. « L’idée de Feed, c’est de proposer un produit sain et abordable qui permet à tous de mieux manger et pas seulement aux riches bobos qui en ont déjà les moyens », déclare-t-il toujours auprès de Maddyness.

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