SpaceX ne procédera à aucun vol habité vers la station spatiale internationale en 2017. La société a choisi de retarder son calendrier, notamment pour résoudre des problèmes apparus lors d'un incident antérieur.

Le calendrier initial était visiblement trop optimiste. Alors qu’ils étaient planifiés au départ pour voir lieu en 2017, les premiers vols habités opérés par SpaceX auront lieu un an plus tard. En conséquence, il va falloir pour le moment toujours compter sur les missions Soyouz de la Russie pour emmener et ramener les spationautes de la station spatiale internationale, puisque Boeing, l’autre société sélectionnée par la Nasa pour transporter un équipage, a elle aussi dû revoir son planning.

La décision de reporter les premiers vols habités vers l’ISS survient dans un contexte agité pour SpaceX. L’entreprise spécialisée dans l’aérospatiale a connu un incident majeur le 1er septembre dernier, avec l’explosion très remarquée d’une fusée Falcon 9 sur sa rampe de lancement. Cela a non seulement causé la destruction du satellite mais aussi bouleversé son programme de mise en orbite puisque la compagnie a dû suspendre toutes ses opérations le temps de trouver l’origine du souci.

Dragon V2
CC SpaceX

Il est apparu que la technique d’approvisionnement des réservoirs de la fusée constitue un problème. La manière dont SpaceX procède au remplissage du lanceur a déjà suscité une certaine inquiétude du côté de la Nasa, estimant qu’elle pourrait compromettre la sécurité d’un équipage se trouvant à bord. Depuis l’explosion de la fusée, SpaceX a indiqué être en train d’élaborer une nouvelle méthode pour acheminer le carburant, mais cette recherche prendra nécessairement du temps.

Pour la Nasa, c’est une contrariété car l’agence spatiale américaine n’est plus en mesure d’assurer les vols vers l’ISS depuis le retrait en juillet 2011 de la navette spatiale américaine. Dans la mesure où ni le Japon ni l’Union européenne ne peuvent compenser ce retrait, Washington est obligé de composer avec Moscou. Or, d’un point de vue stratégique d’accès à l’espace, il n’est pas concevable de dépendre d’une puissance étrangère, qui est par ailleurs perçue comme une rivale.

Du chemin à parcourir

Dans ce contexte, c’est vers le secteur privé que la Nasa s’est tournée Des partenariats ont été conclus avec SpaceX et Boeing pour que les deux firmes développent une capacité de transport de spationautes depuis les bases de lancement à Terre jusqu’à la station spatiale internationale et qu’elles assurent également le chemin du retour. Mais de la théorie à la pratique, il y a un fossé gigantesque à franchir et pour l’instant, Boeing et SpaceX ne sont pas encore au niveau

« Il est important d’avoir au moins deux entreprises américaines saines et robustes capables d’envoyer des hommes et de transporter du matériel scientifique depuis le sol américain jusqu’à la station spatiale au cours de son existence » avait commenté l’an dernier Kathy Lueders, la responsable du programme des vols commerciaux au sein de la Nasa. C’est d’autant plus important qu’à terme, la Nasa voudrait de façon plus générale se désengager de l’ISS et de l’orbite terrestre basse, deux domaines qu’elle laisserait aux sociétés privées, pour se tourner vers l’espace plus profond.

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