Elon Musk a dévoilé que le nom de code de la première colonie sur Mars qu'il souhaite créer s'appelle « Mars Base Alpha ». Une colonie dont la première mission sera de créer du carburant et de donner l'énergie nécessaire à la vie sur Mars.

Lors de sa séance de questions-réponses avec les internautes sur Reddit dimanche, Elon Musk n’a pas seulement annoncé que les tests de mise en pression du réservoir géant du Système de Transport Interplanétaire censé nous conduire vers Mars débuteraient dès les prochaines semaines. L’ingénieur et homme d’affaires en aussi dit davantage sur son plan de colonisation de la planète rouge, que l’on aurait tort de prendre pour un simple fantasme de milliardaire en mal de notoriété. Le projet est lancé, et Musk livre progressivement les différentes briques qui permettront de le concrétiser.

Si le calendrier optimiste de SpaceX est tenu, les premiers vols non habités vers Mars de l’entreprise débuteront en 2018, et il faudra attendre seulement 2024 pour voir une colonie humaine débarquer sur une autre planète du système solaire, pour la première fois de l’histoire de l’Humanité.

Concrètement, Elon Musk veut décliner le projet en quatre phases étalées sur de nombreuses années qui permettront de créer la toute première ville martienne, qu’il baptise « Mars Base Alpha » :

  • 1. Envoyer des capsules Dragon sur Mars pour vérifier d’abord la capacité technique de SpaceX à faire atterrir ses modules sur le sol martien « sans ajouter un cratère » (tout lien avec Schiaparelli étant bien sûr fortuit), et pour réaliser les mesures scientifiques qui permettront de découvrir comment extraire l’eau nécessaire à la création sur Mars d’un carburant fait de méthane (CH4) et de dioxygène (O2), en associant l’eau extraire aux éléments gazeux autrement disponibles dans l’atmosphère — le tout via une réaction de Sabatier ;
  • 2. Envoyer un vaisseau « Heart of Gold » vers Mars chargé de l’équipement nécessaire pour construire cette usine à carburant ;
  • 3. Envoyer une première mission habitée qui aura pour charge d’assembler et de faire fonctionner l’usine à carburant, et d’établir les premiers rudiments d’une base martienne.
  • 4. Multiplier par deux le nombre de convois vers Mars à chaque réunion orbitale qui rapproche la Terre de Mars (c’est-à-dire tous les 26 mois), jusqu’à ce que la colonie devienne autonome et qu’il n’y ait plus besoin d’envoyer d’humains pour la peupler et assurer sa croissance.

Dans sa conférence le mois dernier, Elon Musk avait refusé d’apporter des éléments sur la manière dont il imaginait la vie sur Mars, expliquant que la seule mission de SpaceX était de fournir le moyen de transport. Il avait fait l’analogie avec le train transcontinental qui avait permis de relier la côte Atlantique des États-Unis à la côte Pacifique, facilitant la ruée vers l’or et la genèse de la Californie.

La Biosphère créé par Richard Buckminster Fuller sur l'île Sainte-Hélène de Montréal est un exemple typique de dôme géodésique
La Biosphère créée par Richard Buckminster Fuller sur l’île Sainte-Hélène de Montréal est un exemple typique de dôme géodésique, tel qu’Elon Musk les envisage pour Mars.

Mais sur Reddit, Musk s’est montré plus ambitieux. Il imagine transporter sur Mars des panneaux de verre qui permettront aux colons ou à des robots de créer des dômes géodésiques, c’est-à-dire de gigantesques bulles pressurisées sous lesquelles les humains pourraient vivre et cultiver ce qui sera nécessaire à leur survie et à leur développement. Dans le sous-sol, des droïdes auraient pour tâche d’aller extraire les matières premières et créer des espaces sous-terrains nécessaires à la construction.

« Les premières missions seront chargées avec beaucoup plus de poids dédié aux cargaisons [de matériel] », prévient Musk, qui estime que « la première mission habitée pourrait avoir environ une douzaine de personnes, puisque l’objectif sera de construire et de stabiliser l’usine à carburant et le système d’énergie de Mars One ». Plus les missions avanceront, moins le matériel envoyé de la Terre sera important, et plus le module pourra être chargé en hommes et en femmes. Au total, une centaine de personnes pourront séjourner dans le vaisseau spatial.

Les premières ébauches de la vie à bord de l’appareil, qui devra durer entre 80 et 150 jours selon les conditions orbitales, devraient être dévoilées d’ici à deux ans.

Par ailleurs Musk a révélé que la fusée créée était suffisamment puissante pour pouvoir faire un aller-retour Terre-Mars d’urgence à vide en dehors des fenêtres de rendez-vous planétaires, s’il était par exemple nécessaire de ramener une personne pour des raisons médicales, ou de dépêcher un expert sur Mars.

À lire sur Numerama : Coloniser Mars  : il nous reste 6 ans pour répondre à ces questions cruciales

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