Une étude menée conjointement par l'application Clue et le Kinsey Institute se penche sur les usages des applications de rencontre. Leurs travaux mettent en évidence que les histoires sans lendemain sont loin d'être les plus recherchées contrairement à une idée reçue.

Les sites et applications de rencontre ont-ils changé nos manières d’aborder les relations amoureuses ? Peut-être pas tant que ça, en fin de compte. Contrairement à la sulfureuse représentation que nous pourrions nous faire des utilisateurs de Tinder et ses dérivés, ces lieux de rencontres sont davantage propices à favoriser des relations traditionnelles.

L’application de suivi des menstruations Clue et l’organisme à but non lucratif Kinsey Institute se sont associés le temps d’une étude pour décortiquer les pratiques et usages plébiscités par les utilisateurs des applications de rencontre. Ce travail regroupe plus de 140 000 réponses collectées directement auprès des usagers de l’app Clue, ou via des questions administrées sur les réseaux sociaux.

Évidemment, ce mode d’enquête n’est pas dénié de biais, puisque 96 % des sondé(e)s s’identifient au genre féminin. Néanmoins, le Kinsey Institute estime que les réponses fournies restent valables.

Les relations très courtes en voie de raréfaction ?

Ainsi, sur les 34 % d’Américains interrogés qui déclarent avoir utilisé des applications de rencontre, on apprend que seuls 9 % d’entre eux y recherchent une relation basée sur la sexualité, sans attachement affectif. 18 % des interrogé(e)s déclarent vouloir une relation sur le long terme. Le pourcentage est identique chez les personnes qui souhaitent se mettre en couple, sans pour autant vouloir que celui-ci perdure nécessairement dans le temps.

12 % des utilisateurs interrogés ont pour habitude de parler et d’envoyer des textos. Enfin, 11 % sont à la recherche d’une histoire sans lendemain.

Comme le fait observer Amanda Gesselman, chercheuse spécialisée dans la psychologie au sein du Kinsey Institute, les utilisateurs des applications de rencontre semblent davantage rechercher des relations de longue durée, s’inscrivant ainsi dans une conception classique des relations amoureuses.

Les relations amicales avec avantages sont moins souvent envisagées avec des inconnus

« Les relations amicales avec avantages viennent d’abord du fait d’être amis dans un premier temps, vous pouvez avoir une attirance pour quelqu’un avec qui vous êtes d’abord ami, puis cela peut ensuite devenir sexuel après un événement ou une discussion. Mais je pense que les gens sont moins enclins à envisager cela avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas déjà ou avec lequel ils n’ont aucune familiarité », commente la chercheuse.

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CC Josh Willink

Améliorer sa connaissance de l’autre

Parmi les autres conclusions de cette enquête, on apprend également que 4 % des hommes — contre 2 % des femmes — utilisent des applications de rencontre pour se familiariser avec le corps de leur partenaire, et améliorer leurs performances sexuelles en apprenant comment interagir avec l’autre. L’échantillon étant majoritairement hétérosexuel, il est probable que le partenaire en question soit de genre féminin.

2 % des hommes veulent améliorer leurs performances

L’étude révèle également que les personnes les plus expérimentées sexuellement ont davantage tendance à utiliser des applications de rencontre que les autres. « Cela montre qu’il y a vraiment un apprentissage tout au long de la vie, et que même les gens qui ont une sexualité importante veulent continuellement en savoir plus », note Amanda Gesselman.

Enfin, les travaux mettent en évidence que les sondés qui se considèrent comme étant queer, bisexuels ou pansexuels sont davantage ouverts à des relations moins conventionnelles. Une réalité difficile à expliquer selon l’institut de recherche, puisque chaque relation est bien évidemment unique : « Cela a certainement à voir avec le fait qu’ils se trouvent déjà à l’encontre des normes. Lorsque vous avez déjà expérimenté quelque chose de différent, cela vous rend probablement plus ouvert à d’autres expériences », conclut la chercheuse.

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