Créée en 2016, La Guilde des Game Entrepreneurs de France accompagne les professionnels du jeux vidéo dans la création de leur studio. Rencontre avec ce groupe qui espère développer son activité pour faire fleurir le secteur.

En France, l’industrie du jeu vidéo est représentée par des entreprises de tailles très différentes. Qu’il s’agisse de grands éditeurs comme Ubisoft, de structures plus modestes mais de grande renommée comme Ankama ou Cyanide, ou encore d’une multitude de petites structures indépendantes, les enjeux, nous l’avons vu, ne sont pas les mêmes.

Quelques développeurs issus d’écoles de jeux vidéo se lancent à la sortie de leur études dans le tumulte de la vie active en fondant leur propre studio, bien décidés à laisser libre cours à leurs projets et à leur créativité tout en s’aidant du soutien financier des institutions publiques.

Mais la viabilité d’une entreprise nécessite aussi de savoir jongler avec des responsabilités de gestion. C’est là qu’intervient La Guilde des Game Entrepreneurs, qui fait appel à des professionnels pour coacher les développeurs à la recherche de conseils de gestion. Nous avons rencontré Malik Ammich, fondateur de la Guilde, et Alexy Durand, son community manager.

Spécialites et sessions de formation

Afin de pouvoir donner au mieux conseils et directives aux personnes intéressées, La Guilde fait appel à différents experts pour couvrir aussi bien les questions à propos de la gestion de son équipe, la production d’un jeu, les aspects juridiques et la recherche de financement. Un spécialiste est même présent pour conseiller les entrepreneurs sur la constitution de leur dossier CNC (Centre national du cinéma), en vue d’une potentielle subvention du Fonds d’Aide au Jeu Vidéo (FAJV).

« Toute cette équipe accompagne la cinquantaine de membres que nous accueillons aujourd’hui pour les conseiller sur tous les aspects business du jeu vidéo » précise Malik Ammich avant de poursuivre : « La question ici n’est pas d’apprendre à faire des jeux vidéo, la plupart de nos membres savent le faire, nous leur apprenons à créer leur studio ».

Différentes sessions de formations sont ainsi organisées pour répondre à ces questions. La prochaine est prévue pour le mois de mars sur cette thématique de création de studio. L’équipe abordera notamment le sujet de l’élaboration du business plan de l’entreprise, l’organisation d’une équipe, le choix des collaborateurs, les meilleures manières de vendre son projet etc.

Sur le plan juridique, la Guilde fait appel à des intervenants avocats afin de sensibiliser les entrepreneurs sur le sac de nœuds juridique qu’impliquent des concepts comme la propriété intellectuelle, le droit d’auteur et la commercialisation de biens culturels. Les spécialistes abordent notamment cet aspect dans le cadre d’une collaboration avec des investisseurs, du partage du capital et de méthodes pour protéger efficacement son travail.

Le financement est également un enjeu de taille pour tout entrepreneur qui souhaite vivre des ventes de son jeu, et surtout payer ses employés. La Guilde apprend ainsi à ses membres comment définir un budget, établir une stratégie marketing et des partenariats pour déterminer le meilleur moyen de financement.

Étudiants, salariés, indépendants…

Les formations se déroulent la plupart du temps sur un week-end à diverses occasions, mais la Guilde propose également des accompagnements personnalisés. « Dans ce cas-là, il n’y a pas vraiment de durée minimale ou maximale puisque nous aidons les studios à régler leurs problèmes et à s’organiser. C’est un travail quotidien qui dure plusieurs mois jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être autonomes », détaille Alexy Durand.

Cette première année d’activité a permis à la Guilde de rencontrer différents profils d’entrepreneurs dans le jeu vidéo. Des indépendants, des salariés de studios qui souhaitent voler de leurs propres ailes ou encore des étudiants arrivant sur le marché de l’emploi avec l’ambition de fonder leur équipe.

À de rares occasions, la Guilde vient également en aide à des personnes qui n’ont pas de bagage professionnel dans le jeu vidéo, mais qui désirent se lancer dans l’industrie. « Nous nous sommes rendus compte que beaucoup de personnes étaient dans ce cas. C’est très intéressant car on se rend compte que le jeu vidéo est un domaine qui attire du monde et fait rêver » ajoute le community manager.

D’un point de vue commercial, la Guilde ne dispose pas de grille de tarif pour ses formations. Les ateliers sont toutefois payants afin de pouvoir régler la location de la salle et rémunérer autant que faire se peut les intervenants, mais les accompagnements restent quant à eux gratuits. Alexy Durand précise : « Nous prenons un petit pourcentage sur la vente d’un jeu si celui-ci marche. Nous n’avons pas pour ambition de nous faire de l’argent sur le dos d’indépendants qui ont un rêve. Nos maîtres de classe ne touchent aucun salaire The Guild, ils ont tous un travail à côté. »

Une guilde bien réelle mais un statut encore flou

En seulement un an d’existence, il est encore difficile de déterminer le statut de la Guilde. Ni école ni entreprise privée, les formations de la Guilde se font de manière confidentielle lors des rencontres ponctuelles entre ses membres et les spécialistes. La Guilde n’a pas la prétention de délivrer de formation qualifiante ou de diplôme, mais espère acquérir sous peu le statut d’association.

« Cela ne nous intéresse pas d’obtenir une quelconque reconnaissance des formations que nous délivrons pour le moment. Nous sommes les seuls en France à dispenser de telles formations spécialisées dans le jeu vidéo. Les gens qui les suivent sont toujours très satisfaits, comme en témoigne la vitesse à laquelle nous grandissons » soutient Alexy Durand.

Il poursuit : « C’est aussi encourageant de voir que notre travail paye et que certains studios marchent notamment grâce à notre soutien. Je prends l’exemple de Concrete Game qui a réussi sa campagne de financement participatif et a réussi à obtenir le feu vert pour son premier jeu, c’est magnifique de voir que ça avance. »

La Guilde poursuit son ambition de faire évoluer l’écosystème de l’industrie du jeu vidéo en France. Des idées naissent pour continuer à faire vivre la communauté qui s’est petit à petit formée autour du groupe. Le week-end du 11 et 12 février, l’organisation met par exemple en place un événement autour de la création d’un prototype de jeu. À la fin du week-end, ces prototypes seront envoyés à trois éditeurs partenaires de l’événement, dont Namco Bandai Europe.

Avec l’arrivée d’autres rencontres et le désir de faire avancer l’entrepreneuriat dans le jeu vidéo, la Guilde, malgré sa taille encore modeste, semble être une porte d’entrée idéale pour les personnes désireuse de se lancer dans la gestion d’un studio.

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