Le service américain Dash Radio propose désormais aux auditeurs de choisir s'ils veulent écouter les chansons telles qu'elles ont été enregistrées par les artistes, ou dans une version censurée lorsqu'elles contiennent des « paroles explicites » susceptibles de choquer. Une première qui sera imitée.

Entre ne rien censurer pour laisser libre cours à la liberté d’expression, ou tout censurer pour ne pas heurter les âmes sensibles, le mieux est encore de laisser si possible le choix aux auditeurs. C’est ce que fait désormais un service de radios en ligne, Dash Radio, qui permet aux utilisateurs de choisir entre deux versions d’une même chanson, censurée ou non, lorsque les paroles risquent de heurter la sensibilité des enfants ou des adultes aux oreilles chastes.

Jusqu’à présent, les radios devaient choisir de diffuser les chansons censurées ou non censurées, et les radios numériques diffusées par internet ou par satellite pouvaient éventuellement proposer différentes stations, explicites ou non. Mais avec cette solution, Dash Radio propose exactement la même playlist sur toutes ses stations, et c’est à l’utilisateur de choisir s’il veut la version voulue par l’artiste, ou la version qui lui semble préférable pour ne pas entendre de vulgarités. Il peut basculer à tout moment de l’une à l’autre.

Selon Pitchfork, la fonctionnalité n’est pour l’instant activée que sur une seule station, « The City », et sera généralisée progressivement à l’ensemble des 75 radios qu’il édite. Nous n’avons pas pu reproduire le filtrage sur l’application Android, mais The Verge livre une capture d’écran de la version iOS :

the-city

Dash Radio indique qu’il a déposé un brevet pour protéger son invention, qui semble consister en une intervention manuelle dans les playlists, pour connaître à l’avance les contenus des chansons à censurer, et préparer une version « propre », habillée de bips disgracieux, de silences gênés, ou de mots substitués.

Il s’agit d’une première au monde, mais l’idée d’offrir une censure à la demande est appelée à se généraliser. En avril dernier, nous avions en effet rapporté qu’Apple avait lui aussi déposé un brevet visant à automatiser la censure des chansons écoutées sur les iPhone. Mais la firme de Cupertino songe à aller encore plus loin que Dash Radio, en allant jusqu’à détecter les mots vulgaires qui pourraient être prononcés par un chanteur ou un animateur de radio, en direct. Un très léger différé serait induit, le temps pour un processeur dédié d’analyser ce que l’utilisateur risque d’entendre, et d’appliquer le filtrage éventuellement demandé.

L’idée étant, bien sûr, de proposer un contrôle parental qui deviendrait impossible à contourner, car intégré directement au matériel.

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