Un mal pour un bien ? Le service de messagerie sécurisée relève que les inscriptions ont fortement augmenté depuis l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

C’est l’évènement politique de ce mois de novembre, pour ne pas dire de l’année. Le 8 novembre 2016, un peu à la surprise générale, Donald Trump a remporté haut la main l’élection présidentielle américaine face à Hillary Clinton. Désormais s’ouvre une page d’incertitude sur la politique des États-Unis, notamment dans le domaine des hautes technologies et du numérique.

Cette incertitude sur ce que prépare le président-élu et l’image publique qu’il projette ne sont pas sans conséquence. Craignant sans doute la perspective d’avoir une personnalité aussi insaisissable à la tête de la première puissance du monde, et donc des agences de de renseignement, des utilisateurs se sont précipités sur ProtonMail, un service de messagerie sécurisée.

ProtonMail

C’est ce que relève l’un des trois cofondateurs de la plateforme, Andy Yen, dans un article de blog. Il note qu’entre la semaine précédant le vote et le jour du scrutin, il y a eu un doublement du nombre d’inscriptions au service. Rien d’étonnant, à ses yeux, étant donné les propos très clivants que l’ex-candidat républicain a tenus tout au long de sa campagne électorale.

« Étant donné la rhétorique de campagne de Trump contre les journalistes, les adversaires politiques, les immigrants et les musulmans, il y a des inquiétudes à l’idée que Trump puisse utiliser ces nouveaux outils à sa guise pour cibler certains groupes », prévient Andy Yen. D’où le besoin, pour certains utilisateurs, de se tourner vers un outil de chiffrement de bout en bout, pour éviter les regards indiscrets.

La rhétorique de Donald Trump provoque de vives inquiétudes.

La semaine dernière, Edward Snowden, le célèbre lanceur d’alerte qui a mis sur la place publique une partie des secrets de la NSA, avait déjà invité les Américains à opter pour des solutions de chiffrement. Il expliquait alors que la connaissance informatique est la clé de la liberté et qu’elle passe par l’usage du chiffrement et de protocoles spécialisés, comme le réseau Tor.

ProtonMail est basé en Suisse ce qui lui permet de ne pas être directement soumis à la législation de l’Union européenne et à celle des États-Unis. Le pays a toutefois fait passer une nouvelle loi sur le renseignement à l’automne 2016 qui renforce les prérogatives des services d’espionnage et de sécurité publique. Malgré ce tour de vis, la Suisse reste une destination assez attractive pour dissuader ProtonMail de partir.

À lire sur Numerama : Les Suisses disent oui par référendum à leur loi sur le Renseignement

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