La secrétaire d'État chargée du numérique est hostile à une taxe ciblant les box pour financer l'audiovisuel public. Les sommes obtenues seraient dérisoires par rapport aux besoins de France Télévisions, juge-t-elle.

La perspective d'une extension de la redevance audiovisuelle à d'autres supports que le téléviseur provoque des fissures au sein de l'exécutif. Alors que la ministre de la culture Fleur Pellerin juge "légitime" d'inclure les autres écrans (ordinateurs, smartphones, tablettes), et explique que le principe d'une taxe sur les box des FAI est aussi sur la table, Axelle Lemaire fait entendre une toute autre musique.

Interrogée à ce sujet par le quotidien L'Opinion, la secrétaire d'État chargée du numérique s'est démarquée de sa collègue en expliquant qu'un prélèvement ciblant ceux qui n'ont pas de téléviseur ne constituerait pas une grande aide pour les finances de l'audiovisuel public. Et pour cause : les foyers en question représentent une frange marginale de la population.

"Il faut savoir que cela concerne moins de 2 % des foyers en France, parce qu'en réalité 98 % des foyers ont une télévision. c'est assez mineur comme public touché. Mais on toucherait qui ? Certainement les jeunes qui n'ont pas ou ont fait le choix de ne pas avoir de télévision", explique-t-elle. Pour cette raison, Axelle Lemaire "n'est pas très favorable" à une taxe pour ces 2 %.

La secrétaire d'État ajoute au passage que la possession d'une box ne signifie pas que son propriétaire regarde la télévision. "On peut tout à fait acheter une box et ne pas utiliser la télévision et même ne pas demander l'offre TV". C'est ce qui distingue le téléviseur (son but premier est de regarder la TV) d'autres appareils, qui peuvent avoir la capacité d'afficher la TV mais ne sont pas acquis en priorité pour ça.

Cela étant, Axelle Lemaire reconnaît que le financement de l'audiovisuel public demeure une problématique de premier plan. D'autres idées existent. La directrice de France Télévisions, Delphine Ernotte, propose par exemple en alternative un renforcement de la publicité sur les chaînes et sur le web mais aussi la monétisation renforcée des contenus.

( photo : CC BY-SA briand )

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