Pour censurer les images amateurs de l'accident de Jules Bianchi au Japon, le détenteur des droits sur la Formule 1 a décidé de faire appel au droit d'auteur. Même s'il ne détient pas les droits sur les images filmées par les spectateurs.

Au moment du crash qui a plongé le pilote de formule 1 Jules Bianchi dans un état très grave, le réalisateur de Formula One Management (FOM) qui gère les images pour la Fédération Internationale de l'Automobile (FIA) avait choisi de ne pas montrer l'accident. Il s'agissait du souhait, officiellement, de ne pas choquer les spectateurs du Grand Prix du Japon, ou de ne pas ajouter de voyeurisme au drame. Seul un plan montrant les secouristes s'activer après le choc fut montré.

Mais lundi, un vidéaste amateur qui était spectateur sur le circuit de Suzuka a publié les images qu'il a lui-même tournées depuis les tribunes. Elles sont restée visibles un court moment sur YouTube, avant que le site de partage de vidéos en ligne n'y mette fin, pour un motif très discutable. Un message prévient en effet l'internaute que "cette vidéo n'est plus disponible suite à une réclamation pour atteintes aux droits d'auteur soumise par Formula One Management", dirigée par Bernie Ecclestone. 

Or FOM n'a pas de droit d'auteur sur les vidéos qui sont réalisées par les spectateurs avec leur smartphone. Rien dans les conditions de ventes des billets de F1 ne prévoit un transfert des droits d'auteur vers l'organisateur. 

Il est cependant probable que YouTube n'agisse pas au titre du droit d'auteur, mais au titre d'un contrat privé entre la filiale de Google et la FOM, comme c'est le cas par exemple avec Universal qui peut retirer toute vidéo qui lui déplaît.

En une heure, la vidéo filmée par le Canadien Philip Dabrowiecki avait réuni plus de 190 000 vues, avant qu'elle soit supprimée sans droit apparent. "La FOM ne m’a pas contacté, et je crois qu’ils essaient d’enterrer la vidéo, parce qu'elle montre toutes les erreurs commises", explique l'auteur à 20 Minutes. "J’ai partagé cette vidéo pour que la vérité soit montrée à tous les fans de F1". Car la séquence montre l'absence totale de précautions prises au moment de l'arrivée de la grue sur l'enceinte-même du circuit, la présence de commissaires de course qui ont manqué d'être fauchés par la voiture de Jules Bianchi, et l'agitation d'un drapeau vert censé signalé l'absence de difficultés anormales sur le parcours.

Cependant, la tentative de censure n'a pas fonctionné. Même L'Equipe a contourné la difficulté en se reposant sur un GIF animé, préférant montrer l'accident plutôt que de soigner ses relations avec le gestionnaire des droits de la Formule 1.

Et sur YouTube, beaucoup d'autres copies de l'accident de Jules Bianchi circulent déjà :

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