Évoqué dans la presse et alimenté dans un communiqué d'un des deux intéressés, le scénario d'une rachat de Bouygues Telecom par Orange risque de se heurter à l'autorité de la concurrence. Pour l'économiste Élie Cohen, c'est une perspective absurde qui n'a aucune chance d'aboutir.

Orange s'offrira-t-il Bouygues Telecom ? Depuis jeudi, le scénario d'un rachat de la filiale du groupe Bouygues par l'opérateur historique est en train de prendre de l'ampleur, du fait des récentes informations publiées par le journal économique Les Échos et du communiqué pour le moins inattendu du principal intéressé, puisqu'il ne ferme pas la porte à une telle opération.

Dans son message diffusé jeudi, Orange a déclaré passer en revue "les opportunités qu’offre la recomposition du paysage français des télécoms", expliquant "qu'une consolidation du marché mobile français serait positive à long terme tant pour l’investissement que pour le consommateur".

Mais un rachat éventuel de Bouygues Telecom par Orange est loin d'être acquis. Si le gouvernement est favorable a un retour à trois opérateurs (Arnaud Montebourg l'a encore répété ce vendredi lors de son passage à RMC), encore faut-il que la nouvelle configuration du marché de la téléphonie mobile convienne à l'autorité de la concurrence. Or, ce point est très loin d'être acquis.

Invité sur l'antenne de RTL, l'économiste et directeur de recherche CNRS Élie Cohen a jugé qu'une telle opération n'aurait aucun sens

"Orange, l'ancien France Télécom, était l'entreprise dominante du secteur des télécoms. Et vous savez que le mot 'entreprise dominante' a un sens très précis au sens du droit de la concurrence, c'est-à-dire que toutes les mesures qui ont été prises aussi bien par le régulateur bruxellois que par le régulateur national relevait de  ce qu'on appelait la régulation asymétrique de l'opérateur dominant, c'est-à-dire qu'on a tout fait pour que la part de marché d'Orange baisse", a-t-il commenté au micro de Patrick Cohen.

"On a réussit cet exploit en permettant notamment qu'il y ait une une quatrième licence soit accordée, qu'il y ait un quatrième opérateur, qui est Free, entre sur le marché", a poursuivi l'économiste, qui a précisé qu'une telle fusion ferait "bondir la part de marché [d'Orange] à près de 60 %". "On démolirait tout ce qu'on a fait au cours des vingt dernières années. C'est absurde !". "Les autorités de la régulation n'autoriseront pas ça".

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