Canal+ ne peut plus exister en autonomie sur Internet. Le groupe audiovisuel a décidé de se plier à la position "incontournable" de YouTube, en créant des chaînes et des contenus pour le site de vidéos de Google.

Roi de l'audiovisuel payant en France, Canal+ ne peut plus se passer de YouTube pour promouvoir ses programmes et trouver un nouveau relais de croissance. "Le poids de YouTube est complètement incontournable, on ne peut pas avoir une stratégie qui s'en exonère", fait ainsi remarquer Rodolphe Belmer, le directeur général adjoint de Canal+, dans Le Monde.

Aussi, le groupe audiovisuel qui était jusqu'à présent son propre diffuseur exclusif sur Internet, à travers son player propriétaire et fort peu pratique, a décidé bon gré mal gré de céder aux impératifs des usages et de créer une vingtaine de "chaînes YouTube". Elles seront déclinées par programmes diffusés à l'antenne (Groland, Les Guignols, Le Grand Journal,…), ou proposeront des programmes exclusifs. 

"L'Internet ouvert est en train de devenir un média à part entière. Ce média a son propre mode de consommation, de production et de monétisation. Il nous faut donc l'appréhender comme tel, en lançant des expressions uniquement destinées à ce monde ouvert", explique M. Belmer. Canal+ se servira de ses chaînes YouTube pour tester des animateurs à travers une chaîne Canal Factory, créer des programmes spécifiquement produits pour Internet et les mobiles, ou même, éventuellement, pour "tester des épisodes de séries en avant-première sur le Web".

YouTube recevra une partie (autour de la moitié) des revenus publicitaires issus de l'exploitation des vidéos de Canal+, et bénéficiera de nouvelles têtes de gondoles très médiatiques pour enfoncer un peu plus son concurrent Dailymotion, et enrichir sa Google TV. Même si l'accord n'est pas exclusif, on peut douter que la maison mère de Canal+, Vivendi, souhaite aider au succès d'un Dailymotion détenu par la maison rivale Orange.

Selon les chiffres Mediamétrie, YouTube accueille actuellement plus de 30 millions d'internautes en France chaque mois (en direct ou à travers les vidéos embeddées ailleurs), contre moins de 15 millions pour Dailymotion.

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