En réaction à la nouvelle législation russe en matière de piratage, des militants cherchent à développer la religion du copier-coller (kopimisme) dans le pays. Une demande a été transmise aux autorités russes, mais ces dernières ne devraient pas se montrer aussi souples que leurs homologues suédoises.

Souvenez-vous. En 2012, la Suède a officiellement reconnu le mouvement du kopimisme comme une organisation religieuse à part entière. Pour cette jeune église, "l'information est sacrée et la copie est un sacrement. L'information possède une valeur en soi, et celle-ci se multiplie à travers l'acte de la copie. Par conséquent, la copie est un élément central pour l'organisation et ses membres".

Cette religion du copier-coller inspire aujourd'hui d'autres internautes. Tandis que la Russie a choisi de durcir sa législation contre le téléchargement illicite d'œuvres culturelles, des militants russes favorables à un assouplissement de la propriété intellectuelle ont décidé d'implanter le kopimisme dans leur pays. Une demande de reconnaissance officielle de l'église du kopimisme a ainsi été déposée.

L'objectif des partisans d'une révision de la législation en Russie est la suivante : si le mouvement religieux est reconnu par les autorités russes, alors les internautes se réclamant de cette religion pourraient revendiquer le droit d'effectuer leurs rituels en toute quiétude, ces derniers se manifestant notamment par l'utilisation des réseaux P2P, sans que la législation anti-piratage n'y trouve rien à redire.

Cette perspective a été envisagée par Peter Sunde, l'ex-porte-parole de The Pirate Bay, qui demeure l'un des principaux points de passage des adeptes du téléchargement, en évoquant une protection juridique accordée à travers le droit constitutionnel protégeant la liberté de culte. Mais cet exercice de réflexion a montré ses limites, dans la mesure où cette supposition ne s'est pas confrontée à la réalité.

Mais comme le pointe CopyKat, via Calimaq, la Suède n'est pas la Russie. Si le pays scandinave fait preuve d'un certain libéralisme religieux, il n'est pas certain que la nation slave fasse de même. Elle pourrait plutôt faire preuve d'un certain conservatisme. Il suffit pour s'en convaincre de voir le traitement infligé aux membres du groupe de musique Pussy Riot suite à leur exhibition dans une église orthodoxe.

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