L'Église du Kopimism est désormais reconnue officiellement par la Suède comme une religion à part entière. Les adeptes affirment que l'information est sacrée et que la copie est un rituel religieux. Fort d'un millier de membres, le mouvement compte se propager dans le pays et gagner en puissance.

En fin de compte, la persévérance des adeptes de l’Église du Kopimism a payé. Dans un communiqué publié aujourd’hui, les responsables du mouvement religieux annoncent que la copie numérique est désormais une religion officiellement reconnue par l’État suédois, via l’agence des services administratifs (Kammarkollegiet), après plusieurs mois d’affrontements avec la bureaucratie locale.

« Pour l’Église du Kopimism, l’information est sacrée et la copie est un sacrement. L’information possède une valeur en soi, et celle-ci se multiplie à travers l’acte de la copie. Par conséquent, la copie est un élement central pour l’organisation et ses membres » expliquent Isak Gerson et Gustav Nipe, qui rappellent qu’il a fallu s’y reprendre à trois reprises pour que la Suède valide leur demande.

Désormais reconnue par la Suède, l’Église du Kopimism pourrait bénéficier à terme du soutien de l’État pour se financer partiellement. Selon le site Eurel, qui « fournit des données vérifiées et actualisées sur l’état sociologique et juridique de la religion en Europe« , le mouvement religieux pourrait récolter de l’argent sous forme de dons déductibles des impôts. Et être tenté de financer des projets « pirates » en Suède.

Nonobstant le cas spécial de l’Église de Suède, « les autres Eglises ou communautés religieuses peuvent choisir sous quelle forme elles souhaitent obtenir le soutien de l’État, soit en utilisant le système fiscal, soit en percevant des subventions de l’État. Si une communauté religieuse choisit d’utiliser le système fiscal, ses subventions seront réduites en fonction du coût assumé par l’État pour l’utilisation du système fiscal« .

Le site précise qu’au total, neuf communautés religieuses « sont actuellement en droit d’utiliser le système fiscal« . L’Église du Kopimism, du fait de sa reconnaissance récente et de sa communauté encore très limitée – à peine un millier de membres – n’est pas pas encore concernée. D’autant que certaines conditions sont mises en place avant de pouvoir profiter d’un tel mécanisme de financement.

Selon Rick Falkvinge, fondateur du Parti pirate en Suède, la reconnaissance de l’Église du Kopimism par la Suède pourrait également lui conférer une protection juridique renforcée. À supposer que le partage de fichiers est une religion, on peut théoriquement supposer qu’il sera plus difficile de les poursuivre sans risquer de porter atteinte au droit constitutionnel protégeant la liberté de culte.

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