Avec la reconnaissance en Suède de l'Église du Kopimism comme religion, le mouvement bénéficie d'un nouveau statut et d'un certain nombre d'avantages. Pour Peter Sunde, ancien porte-parole de The Pirate Bay, la religion de la copie numérique pourrait même - en théorie - offrir une protection inattendue aux férus du téléchargement sur Internet et adeptes de cette religion.

Depuis quelques jours, l’Église du Kopimism a été officiellement reconnue comme religion par l’État suédois, après plusieurs démarches infructueuses auprès de l’administration. Contrairement aux autres mouvements disposant d’un statut d’association religieuse, le « Kopimistsamfundet » prône les vertus de la copie numérique et du partage en ligne, affirmant que l’information est sacrée.

Si la nouvelle prête évidemment à sourire, elle se traduit par quelques avantages substantiels pour l’Église du Kopimism. Comme nous l’écrivions mercredi, le mouvement pourrait à terme bénéficier indirectement d’un soutien financier de la Suède. Il devrait également offrir une protection juridique beaucoup plus importante à ses membres, grâce au droit constitutionnel protégeant la liberté de culte.

Or, c’est justement sur ce dernier point que s’est penché Peter Sunde. L’ancien porte-parole de The Pirate Bay explique dans son blog, publié vendredi, qu’en Suède les religions bénéficient d’avantages légèrement plus intéressants que ceux des partis politiques. Au point que ces bénéfices pourraient – théoriquement – offrir une protection intéressante aux pirates suédois et adeptes du Kopimism.

Peter Sunde explique qu’en Suède la loi concernant la liberté de religion est totale – ce qui signifie qu’aucune autre loi ne la surpasse. Cela veut dire, par exemple, que les dispositions conçues pour espionner les activités d’un internaute sur les réseaux peer to peer pourraient ne pas avoir d’effets si cela concerne le culte ou « affecte » les pratiques rituelles – ici, la copie numérique.

Dans certaines religions, poursuit Peter Sunde, il est prévu un acte de pénitence à travers la confession. Cela signifie que lorsqu’un croyant s’adresse au prêtre de sa congrégation, ce dernier est tenu au secret pour tout ce qui lui a été révélé au cours de ce processus. Et certaines religions considèrent justement tous leurs membres comme des prêtres.

Pour l’ancien porte-parole de The Pirate Bay, il y a une carte à jouer avec le Kopimism. Le statut religieux offre une nouvelle forme de communication P2P, qui ne signifie plus pair à pair (peer to peer) mais prêtre à prêtre (priest to priest). Avec peut-être la possibilité d’empêcher quelqu’un d’écouter les conversations / confessions entre prêtres, c’est-à-dire les communications et les échanges entre croyants. Ici, les pirates.

Il s’agit bien évidemment d’une réflexion purement théorique. Peter Sunde indique que cette piste, si elle est viable, doit être explorée. Et à supposer qu’elle puisse être exploitée de la sorte, elle ne devrait concerner que les croyants suédois. Cela étant, si l’hypothèse de Peter Sunde s’avère exacte, il est assez facile de prédire une explosion de la popularité du Kopimism en Suède dans les prochains mois.

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