Avec ses Freebox Femto, Free propose à chaque abonné à la Freebox Révolution de disposer chez lui d'un module qui agit comme une mini antenne relais, pour capter parfaitement le réseau Free Mobile. Ces femtocells sont-elles dangereuses pour la santé ? Numerama fait le point.

Free a-t-il l'intention de se servir de ses femtocells pour étendre la couverture 3G et répondre à ses engagements de couvrir 75 % de la population avec son propre réseau 3G d'ici 2015, puis 90 % d'ici 2018 ? En début d'année, alors qu'enflaient les rumeurs sur la mise à disposition prochaine de cellules Femtocells pour les abonnés Freebox, l'Arcep avait prévenu qu'elles ne pourraient pas entrer en ligne de compte pour le calcul du taux de couverture de Free, parce qu'elles ont "pour but principal d'améliorer la couverture indoor", c'est-à-dire à l'intérieur des bâtiments. 

Mais l'on imagine que la tentation est forte pour Free de profiter de son parc de plus de 5 millions d'abonnés pour en faire, à terme, autant de mini antennes-relais capables de combler les trous de couverture laissés par les antennes traditionnelles. C'est d'ailleurs le constat que dresse UniversFreebox, qui remarque que l'utilisation du réseau Free Mobile a sensiblement augmenté depuis la mise à disposition des "Freebox Femto" :

Contactée par Numerama, l'Arcep nous a de nouveau précisé que "les obligations de couverture figurant dans les licences des opérateurs (autorisations d’utilisation de fréquences) concernent la disponibilité des services mobiles à l'extérieur" des bâtiments". Toutefois, ajoute le régulateur, "la définition de la zone de couverture ne prévoit pas de restriction quant à la nature (« macro », « micro », « pico », femto », etc) des stations de base employées par les opérateurs mobiles".

La femto, pas plus puissante que deux iPhone réunis

C'est-à-dire que technologiquement, les femtocells ne sont pas faites pour étendre le réseau, mais que réglementairement, rien ne s'y oppose.

L'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) nous dit aussi que "les femtocells ne font pas l’objet d’une réglementation spécifique car elles utilisent les fréquences qui sont dans les autorisations des opérateurs", et qu'il n'y a donc "pas de limites de puissance spécifiques" imposée à ces derniers.

De quoi alimenter certaines craintes chez les abonnés inquiets d'éventuels effets des ondes sur la santé, au moment où l'OMS laisse un doute sur le caractère cancérogène des ondes ? Pas vraiment.

Selon l'ANFR, "en pratique, leur puissance chez un particulier est de 10 mW (donc inférieure au WIFI qui est à 100 mW), même si l'on peut trouver des femto pour des environnements « business » qui atteignent 100 mW".

Mais Free lui-même est resté très discret sur la puissance de ses femtocells. Contacté, et plusieurs fois relancé suite à des demandes restées sans réponses, Free a refusé d'indiquer à Numerama la puissance d'émission de ses femtocells. Xavier Niel nous a finalement fait savoir que ça n'était "pas une information publique", et nous a renvoyé vers la notice d'installation des femtocells pour trouver une réponse.

Celles-ci demandent à l'utilisateur de "ne pas se placer à moins de 20cm du produit lors de son usage", et précisent que "au contact de la Freebox Femto, l'exposition aux ondes est toujours inférieure à la limite réglementaire de 2W/kg".

Free prend donc pour référence la limite de DAS (Débit d’Absorption Spécifique) fixée par l'arrêté du 3 mai 2002 lorsque "tête et tronc" sont impactés par l'appareil, et non la limite beaucoup plus stricte (0,08 W/kg) imposée aux appareils qui irradient "l'ensemble du corps", comme c'est le cas pour les femtocells. Il apparente sa femto à un mobile plutôt qu'à un routeur Wifi ou une antenne-relais. A titre de comparaison, un iPhone 5 affiche un DAS de 0,90 W/kg, et le smartphone le moins irradiant, le Samsung Galaxy S3 3G, affiche un DAS de 0,24 W/kg. Au pire, donc, la femto serait à peine deux fois plus irradiante qu'un iPhone, à condition que l'on y colle la tête, ce qui n'est pas vraiment sa destination.

Mais comment comprendre que la réglementation soit beaucoup moins sévère lorsque seule la partie du corps que l'on considère la plus sensible aux ondes (le cerveau) est irradiée, et qu'elle soit au contraire beaucoup plus strict lorsque tout le corps est exposé ?

Mehdi Bezzai, qui a publié en début d'année sur Experip un excellent comparatif des DAS des smartphones et tablettes, nous explique que "la valeur de 0,08W/kg correspond à une moyenne mesurée sur l’ensemble du corps", mais que la limite pour le reste du corps (tout sauf la tête et le tronc) est fixée à 4W/kg.

Aussi, le danger éventuel causé par les femtocells paraît très faible. Mais il serait probablement souhaitable que Free communique davantage sur la puissance de ses boîtiers, pour rassurer définitivement les utilisateurs.

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