La mamie du Cantal a-t-elle des besoins inférieurs à ceux du geek de Paris ? Si le parallèle établi par Stéphane Richard pour afficher sa sérénité face à l'arrivée de Free Mobile a fait sourire de nombreux commentateurs, il a quelque peu indigné un élu du Cantal. Oui, la mamie du Cantal peut avoir les mêmes besoins qu'un geek parisien. La vie en zone rurale n'est pas synonyme d'archaïsme.

Ces derniers jours, toute la presse ou presque s’est affolée dans l’attente des annonces de Free Mobile. En effet, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a donné à l’opérateur jusqu’au 12 janvier de cette année pour se lancer dans le grand bain. Du coup, l’emballement médiatique bat son plein, au point de frôler la saturation.

En attendant que Free Mobile dévoile son jeu, la concurrence veut se montrer sereine. Stéphane Richard a ainsi soutenu lundi que l’opérateur historique n’avait pas encore abattu toutes ses cartes. Même dans l’optique où Free Mobile se montrerait très compétitif, Orange affirme qu’il saura réagir et que de toute façon, l’excitation n’est perceptible qu’au sein du microcosme geek. La « mamie du Cantal », elle, n’a pas les mêmes attentes.

Peut-être. Une chose est sûre, la comparaison entre le geek de Paris et la mamie du Cantal n’a pas enchanté tout le monde, notamment du côté de la classe politique. Le député UMP et président du conseil général du Cantal, Vincent Descoeur, s’est ainsi fendu d’un courrier adressé au PDG de France Télécom, relayé par L’Informaticien, pour manifester son indignation.

Déplorant la traditionnelle caricature laissant entendre que les provinciaux n’ont pas les mêmes atouts ou besoins que les habitants de grands centres urbains, le parlementaire a tenu à rappeler la position de leader que tient le département en matière de télétravail et de télécentres, et accueillant par ailleurs chaque année l’université des TIC pour les territoires.

Au-delà de l’indignation, Vincent Descoeur cherche avant tout dans son courrier à soulever un vrai problème : la fracture numérique qui s’opère entre les villes et la province. Contestant la « vision réductrice et très parisienne d’une France dans laquelle seul l’urbain rimerait avec modernité« , l’élu ne veut pas laisser penser que la vie hors des zones très urbanisée est synonyme d’archaïsme.

« C’est plus largement la question du traitement réservé aux zones rurales qui est posée » écrit-il, ajoutant redouter « qu’au motif d’une désaffection supposée pour l’usage des nouvelles technologies, les habitants des zones rurales et de montagne ne bénéficient pas des mêmes efforts d’équipement et se voient par exemple tenus à l’écart du déploiement de la fibre optique« .

Pour éviter une inégalité de traitement entre les abonnés d’Île-de-France et ceux des territoires ruraux, Vincent Descoeur avait déposé le 8 novembre dernier une proposition de loi organisant un déploiement équilibré et coordonné du très haut débit, « au nom de l’équité territoriale et de la solidarité nationale« . Car dans le Cantal, « on n’est pas des ploucs« , avait-il glissé, selon un tweet de Manuel Dorne.

( photo : mamie strindgeur – CC BY-NC-SA lenompourflickr )

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