Alors que Spotify cherche toujours à entrer sur le marché américain, le service suédois est poussé à faire de nouvelles concessions. La somme d'argent reversée aux majors pourrait être revue à la hausse, tandis que des restrictions viendraient frapper l'écoute gratuite. En France, le président d'Universal Music n'est pas défavorable à ces limitations.

L’écoute gratuite et illimitée sur Spotify sera-t-elle un jour de l’histoire ancienne ? Selon des informations collectées par CNET, le logiciel d’écoute de musique en ligne réfléchirait aux moyens de limiter les avantages de la version gratuite du service, afin de séduire les maisons de disques. En effet, Spotify bataille depuis plusieurs mois pour entrer sur le marché américain.

Pour convaincre les labels de musique de lui accorder une licence de diffusion, Spotify aurait fait deux grandes concessions. Tout d’abord, le service suédois accepterait de reverser une part plus importante aux quatre maisons de disques. Mais surtout, la version américaine du logiciel contiendrait des limitations supplémentaires par rapport au logiciel téléchargeable en Europe.

CNET cite ainsi une source proche du dossier qui lui a confié que ces limites porteraient sur l’écoute gratuite. Le détail de ces limites n’a pas été précisé. La plus vraisemblable devrait porter sur le nombre d’écoutes réalisées depuis la plate-forme musicale. Mais d’autres fonctionnalités ou services pourraient être limités au sein de Spotify, comme la qualité sonore ou la taille du catalogue accessible.

A priori, ces réflexions autour de l’écoute gratuite ne concernent que les auditeurs nord-américains. Mais il n’est pas impossible de les voir traverser l’Atlantique. Il faut d’ailleurs se souvenir des déclarations de Pascal Nègre, l’actuel directeur général d’Universal Music France. Celui-ci avait plaidé pour une limite du nombre d’écoutes sur les plates-formes de streaming, comme Deezer.

« Quand on voit des gens qui écoutent 35 fois la même chanson, vous vous dites qu’au bout d’un moment, le gars, il faut qu’il aille acheter le titre. […] Quatre écoutes, c’est suffisant pour savoir si on veut acheter un titre » avait-il déclaré dans l’émission Univox, sur Radio Campus.

À la fin du mois de janvier, Pascal Nègre avait développé sa pensée sur le financement du streaming gratuit, notamment via les recettes publicitaires. « En 2010, plus de 1,2 milliard de streams de titres ont été effectués sur les sites de streaming par la publicité […] Il existe donc un énorme déséquilibre entre l’usage des services de streaming gratuit et les revenus qu’ils génèrent pour financer la création« .

« Notre démarche s’inscrit donc dans un processus d’évolution en faveur du modèle de l’abonnement […]. La mise en place d’un cadre autour de ces offres de streaming gratuites rémunérées par la publicité est donc essentielle. Nous pourrons ainsi convertir les plus gros consommateurs de musique en abonnés et les inviter à contribuer au financement de la création […] » avait-il conclu.

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