Malgré le soutien de l'ARCEP et de l'Autorité de la concurrence, Free n'est pas parvenu à un accord pour louer une partie du réseau 3G d'un opérateur. Sur cette question, SFR a été très clair à l'occasion d'un forum des télécoms et du net : pas question de donner le moindre coup de pouce à Free. Il a choisi d'être un opérateur de réseau, il ne doit donc pas bénéficier des avantages des MVNO.

Lorsque Free est officiellement devenu en décembre dernier le quatrième détenteur d’une licence mobile 3G, l’entreprise savait très bien que les trois opérateurs « historiques » ne lui feraient aucune faveur. Cette hypothèse est justement en train de se vérifier. En effet, le directeur exécutif de SFR, Franck Esser, a tenu des propos particulièrement sévères contre le nouvel arrivant, à l’occasion du forum des télécoms et du net organisé par Les Echos :

« Free a eu le choix entre être un opérateur commercial, c’est-à-dire un MVNO (Mobile Virtual Network Operator, soit un opérateur mobile virtuel) ou un opérateur de réseau. Il a choisi de devenir un opérateur de réseau. Cela implique un déploiement d’infrastructures. C’est un métier » a-t-il lâché, dans un discours rapporté par le quotidien économique.

Et d’asséner : « nous avons dépensé 300 millions d’euros le mois dernier pour acheter des fréquences 3G. Je ne vois pas pourquoi je donnerai à Free un accès gratuitement » a expliqué le PDG de SFR, en référence à un avis rendu par l’Autorité de la concurrence il y a deux jours. « Cinq mois après l’attribution de la licence à Free, je ne vois rien. Il n’y a aucune infrastructure de Free Mobile aujourd’hui« .

Ce refus catégorique survient donc suite à l’avis rendu le 14 juin par l’Autorité de la concurrence. Dans celui-ci, l’autorité administrative estimait que les difficultés du nouvel arrivant (c’est-à-dire Free) pourraient être atténuées s’il « bénéficiait rapidement d’une prestation d’itinérance sur l’un des réseaux en place, non seulement pour la 2G mais aussi pour la 3G compte tenu du très fort succès des smartphones et des clés 3G« .

En d’autres termes, l’Autorité suggérait qu’un opérateur loue une partie de son réseau au nouvel entrant, afin d’améliorer la concurrence entre les quatre opérateurs tout en évitant un handicap trop lourd à Free, dans la mesure où il a obtenu sa licence très tardivement.

« Compte tenu des barrières à l’entrée sur le marché mobile, la généralisation des offres de convergence pourrait distordre la concurrence au bénéfice des trois opérateurs mobiles en place et au détriment des autres opérateurs » avait indiqué l’Autorité de la concurrence.

On se souvient d’ailleurs que l’ARCEP avait pris en février dernier une position relativement proche de l’Autorité de la concurrence, notamment sur le dossier du partage de réseau mobile 3G. « À la suite de l’attribution à Free Mobile de la quatrième licence 3G, les trois opérateurs se sont en outre engagés à discuter des modalités permettant d’inclure, d’ici le 31 mai 2010, Free Mobile dans [l’accord de partage]« .

« J’ai besoin de capacités 3G pour mes clients, avec l’explosion des smartphones et des clés 3G. Il n’est pas question d’entrer en négociations » a conclu Franck Esser. Une intransigeance qui va avoir un impact certain sur le développement de Free dans le secteur du mobile. Sauf à négocier avec les deux opérateurs restants, à savoir Bouygues Télécom ou Orange.

Rappelons que l’ARCEP avait dressé un calendrier très précis sur les étapes que doit respecter le quatrième opérateur téléphonique. Free Mobile devra assurer d’ici deux ans 25 % de couverture pour le service voix et 20 % pour le service transmission de données à 144 kbits bidirectionnels en mode paquet. Et surtout, l’opérateur devra atteindre 90 % de taux de réussite dès la première tentative pour l’ensemble des services et sur toute la zone de couverture.

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