Nous avons vu ces dernières années un nombre de plus en plus important d’artistes qui ne misent plus sur la vente de disques pour vivre de leur musique, mais sur les activités qui ont encore une valeur économique induite par leur rareté. En particulier les concerts. La liste connaît des noms aussi prestigieux que Nine Inch Nails, Madonna, les Counting Crows, les Smashing Pumpkins, Radiohead, Metallica, No Doubt et beaucoup d’autres, qui estiment aujourd’hui que la diffusion des albums n’est qu’une publicité, et pas une fin en soi. Ce qui avait incité le mois dernier la RIAA à réagir, pour dire que les maisons de disques restent indispensables dans cette équation.

A la liste s’ajoute aujourd’hui Lady Gaga. Dans une interview au Times Online, la chanteuse explique qu’elle accorde peu d’importance au fait que les internautes téléchargent illégalement ses chansons. « Parce que vous savez combien vous pouvez gagner avec les tournées ?« , demande-t-elle avant de donner la réponse. « Les gros artistes peuvent gagner au minimum 40 millions de dollars pour un cycle d’une tournée de deux ans. Les énormes artistes peuvent remporter plus de 100 millions de dollars. Faites de la musique, et puis tournez. C’est juste comme ça que ça se passe aujourd’hui« .

Lady Gaga vante aussi le travail. Elle a enregistré la majorité de son prochain album, alors qu’elle était en tournée à travers le monde. « Je ne comprends pas les groupes qui disent qu’ils feront une tournée pendant un an, et enregistrent la suivante. Je fais de la musique chaque jour !« , insiste-t-elle. « Je déteste les gros groupes qui vous jettent à la figure un album, genre ‘ACHETE LE ! P***** ». C’est insultant pour les fans. Vous devriez sortir et en faire une tournée envers vos fans en Inde, au Japon, en Grande-Bretagne. Je ne crois pas à la manière dont l’industrie fonctionne aujourd’hui. Je crois à la manière dont c’était en 1982« .

Des propos qui rejoignent ceux de Mick Jagger, qui expliquait récemment à la BBC qu’une parenthèse de 25 ans venait de se refermer. Un moment unique de l’histoire de la musique où les artistes ont pu gagner beaucoup d’argent en vendant pendant des années le disque qu’ils avaient enregistré à un moment de leur vie. Désormais, comme avant l’éclatement de la musique industrielle, l’artiste qui veut vivre de son art est condamné à travailler quotidiennement, et à entretenir un contact permanent avec son public. Ce qui au final beaucoup plus sain et juste, non ?

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