Voilà de quoi alimenter les craintes soulevées par l’appel à la vigilance lancé ce mois-ci par 19 scientifiques français. Le docteur Dirk Adang a présenté à l’école polytechnique de l’Université catholique de Louvain (UCL) les résultats d’une recherche lancée en 2002 sur l’effet sanitaire d’une exposition continue aux ondes GSM sur des rats. Le premier bilan a de quoi faire peur. Le taux de mortalité des rongeurs dans les trois groupes exposés à des ondes a été le double (60 %) du taux de mortalité du groupe témoin (29 %).

Pour éviter au mieux les critiques, le docteur Adang s’est attaché à respecter une grande rigueur méthodologique dans son étude. Les rats ont été exposés à trois niveaux d’exposition électromagnétiques différents pendant 18 mois, ce qui correspond à plus des deux tiers de leur vie. Pour éviter le stress qui peut fausser les résultats, les rats étaient placés ensemble en liberté, dans quatre cages différentes, et identifiés par tatouage.

En moyenne, les rats – qui partagent 90 % de notre ADN, ont été exposés à une puissance d’émission de 27 volts par mètre à raison de deux heures par jour, sept jours sur sept. En France, un décret du 3 mai 2002 fixe les seuils de référence à 41, 58 et 61 volts par mètre selon les fréquences. L’exposition des rats semble donc raisonnable pour mesurer les dangers réels.

Sur 124 rats décédés, 19 ont fait l’objet d’une dissection, dont 17 avaient été exposés à des champs éléctromagnétiques. Sur ces derniers, un seul n’est pas mort d’une tumeur. Les autres rats qui n’ont pas été autopsiés ont tous été conservés dans le formol pour une étude postérieure.

Selon le chercheur, « l’étude épidémiologique de l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé humaine nécessite d’attendre jusqu’en 2015 si l’on considère l’explosion de la téléphonie mobile à partir de 1998 ». Les résultats sur les rats, dans l’attente, font craindre le pire.

Rassurons-nous tout de même. Les niveaux réels d’exposition sont largement inférieurs aux seuils officiels. Selon la Mairie de Paris, qui a effectué 1 562 mesures entre le 20 mars 2003 et le 1er mai 2008, 93,6 % des mesures effectuées montrent un niveau d’exposition des Parisiens inférieur à 1 volt par mètre. Une charte signée dans la capitale par les opérateurs préconise de ne pas dépasser sur 24 heures le niveau moyen d’exposition de 2 V/m toutes fréquences confondues. Mais sur le reste du territoire, c’est le décret de 2002 qui fait loi…

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