Des physiciens ont étudié la possibilité théorique de mobiliser des mini trous noirs comme batteries rechargeables et comme réacteurs nucléaires.

De toutes les idées futuristes pour alimenter nos appareils électroniques à l’aide de nouvelles énergies, celle-ci est la plus improbable. Mais elle est intrigante. Dans des travaux mis en ligne à l’automne 2023 (en preprint et non dans une revue), des physiciens suggèrent d’utiliser des trous noirs comme batteries rechargeables et même comme réacteurs nucléaires.

« Compte tenu du fait que le trou noir possède une force gravitationnelle extrêmement puissante, une question intéressante se pose : peut-on, du moins en théorie, utiliser la force gravitationnelle des trous noirs pour produire de l’énergie électrique, c’est-à-dire utiliser les trous noirs comme des batteries ? », interrogent les auteurs.

L’étude ne se penche pas sur n’importe quel type de trous noirs. Il ne s’agit pas, bien sûr, de trous noirs classiques et en moins supermassifs (comme ceux que l’on trouve au centre des galaxies). Il s’agit ici de trous noirs primordiaux. Ils sont purement hypothétiques : selon les théoriciens de la physique, cette classe de trous noirs serait apparue lors de l’époque primordiale de l’Univers, dans les zones les plus denses. L’une de leurs particularités : une toute petite masse. Ce seraient potentiellement de tout petits trous noirs.

25 % de rendement avec un trou noir de poche

Selon les auteurs, il serait possible de convertir l’énergie non électrique de ces petits trous noirs en énergie électrique ; et convertir les réactions nucléaires en énergie. En clair, officier à la fois comme batterie et comme réacteur nucléaire.

Trou noir M87*, photo améliorée par IA. // Source : NoirLab
Trou noir M87*, photo améliorée par IA. C’est un trou noir supermassif : les trous noirs primordiaux pourraient être bien, bien plus petits. // Source : NoirLab

En tant que batterie rechargeable, il serait possible, selon leurs calculs, de transformer 25 % de la masse du trou noir en énergie électrique disponible, et ce de manière « lente et contrôlable ». Pour comparaison, le rendement d’un panneau solaire va de 18 à 25 % environ. De même, le papier suggère un rendement similaire de 25 % pour l’usage d’un mini trou noir comme réacteur nucléaire, car le processus pourrait « amplifier des centaines de fois l’énergie cinétique disponible lors de la désintégration naturelle ».

Les auteurs suggèrent même que la matière noire, issue de ces trous noirs, puisse être utilisable de la même manière. « Étant donné que certains trous noirs primordiaux de taille minuscule sont soupçonnés d’avoir une densité notable de matière noire, le résultat de cet article implique que cette matière noire issue d’un trou noir peut être utilisée comme réacteur pour fournir de l’énergie. »

Ce sont là des travaux relevant de la physique théorique : ils reposent sur des calculs mathématiques. N’imaginez pas recharger votre iPhone dans un trou noir de votre vivant.


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