Des quatre opérateurs télécoms français, seul Orange limite la casse en bourse, près de quinze jours après l'échec de son rachat de Bouygues Telecom. Tous les autres ont perdu entre 17 % et 20 % de leur valeur boursière.

Deux semaines après l’annonce de l’échec des négociations du rachat de Bouygues Telecom par Orange, le cours des actions des opérateurs télécoms ne s’est toujours pas remis. Les actionnaires ont compris que le marché français allait rester ultra-concurrentiel avec quatre opérateurs prêts à se livrer une guerre des prix sans merci, rognant d’autant les bénéfices éventuels à verser en dividendes, ou les possibilités d’investissements.

Iliad (Free)

Ce jeudi, le cours d’Iliad (Free) affiche une action à environ 192,85 euros, ce qui représente une chute de plus de 17 % par rapport à sa valeur du 30 mars 2016, deux jours avant l’annonce. Sa capitalisation boursière est aujourd’hui de 11,29 milliards d’euros.

Cours de bourse d’Iliad au 14 avril 2016 (source : Yahoo Finances)

Bouygues

L’action du groupe Bouygues, qui se négociait 37,21 euros le 30 mars dernier, ne se vend plus que 30,67 euros ce mercredi, ce qui représente une baisse de 17,58 %. Le groupe dont les actifs comptent pourtant d’autres activités dans le BTP (Bouygues Construction, Colas, Bouygues Immobilier) et dans l’audiovisuel (TF1), ne pèse plus que 10,59 milliards d’euros en bourse.

Cours de bourse de Bouygues, le 14 avril 2015 (source : Yahoo Finances)
Cours de bourse de Bouygues, le 14 avril 2015 (source : Yahoo Finances)

Numericable-SFR

Le groupe télécoms de Patrick Drahi suit exactement la même courbe que les deux précédents concurrents. L’action Numericable-SFR qui était échangée à 37,67 euros le 30 mars dernier ne se vend plus que 30,42 euros, ce qui représente une chute de 19,3 %. C’est l’opérateur français qui encaisse le plus lourd tribut après l’échec des discussions entre Orange et Bouygues, sans doute parce qu’il fragilise aussi la confiance que peuvent avoir les actionnaires dans les capacités du groupe à générer les bénéfices suffisants pour aider Patrick Drahi à faire face aux dettes accumulées dans ses acquisitions successives. La fin d’une guerre des prix aurait rassuré les marchés. Le groupe pèse désormais 13,39 milliards d’euros.

Cours de bourse de Numericable-SFR, au 14 avril 2016 (source : Yahoo Finances)
Cours de bourse de Numericable-SFR, au 14 avril 2016 (source : Yahoo Finances)

Orange

C’est paradoxalement le seul gagnant de l’échec qu’il a lui-même provoqué, à travers les exigences de son principal actionnaire, l’État. L’ancienne entreprise publique, qui est aussi le groupe le mieux doté pour affronter la concurrence européenne, voit la bourse hésiter bien davantage sur la position à adopter. Si le groupe a également essuyé une baisse, plus limitée que ses concurrents, elle commence déjà à être effacée. Le cours qui était à 15,59 euros le 30 mars 2016 est déjà remontée à 14,99 euros, ce qui représente une baisse de 3,85 %.

Déjà plus solide, Orange perd donc largement moins de valorisation boursière (actuellement 39,69 milliards) que ses trois poursuivants du marché français. Tous ont été assommés, sauf Orange.

Cours de bourse d'Orange au 13 avril 2016 (source : Yahoo Finances)
Cours de bourse d’Orange au 14 avril 2016 (source : Yahoo Finances)

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