Martin Bouygues a dit non. Jugeant les demandes de l'État et d'Orange inacceptables, le patron a mis fin aux discussions qui devaient aboutir au rachat de Bouygues Telecom par Orange.

Plus les discussions traînaient en longueur, plus l’hypothèse d’un accord paraissaient s’éloigner. Après de multiples reports, mais avant-même l’échéance des négociations fixées à dimanche, Bouygues Telecom et Orange ont décidé d’interrompre leurs discussions. Il n’y aura pas de rapprochement entre les deux groupes.

« Après une ultime rencontre un peu plus tôt dans l’après-midi entre Stéphane Richard PDG d’Orange et son homologue Martin Bouygues, les deux groupes réunissaient vendredi soir leurs conseils d’administration respectifs, pour la troisième fois en trois jours. Ils devaient, de sources concordantes, entériner l’échec du projet », rapporte ce vendredi soir Le Figaro. Aucune confirmation officielle n’est pour le moment apporté du côté des deux opérateurs.

Des demandes que Martin Bouygues a jugé inacceptables.

Depuis trois mois, les négociations semblaient patiner sur plusieurs points. En particulier, Bouygues Telecom souhaitait détenir 15 % du capital de l’opérateur historique, mais le gouvernement ne voulait pas laisser le groupe de Martin Bouygues prendre trop d’importance au conseil d’administration de l’entreprise dont l’État reste le premier actionnaire. Emmanuel Macron et Martin Vial, le patron de l’Agence des participations de l’État (APE), auraient donc demandé un relèvement du prix de l’action Orange pour limiter mécaniquement la participation de Bouygues, demandé l’interdiction pendant 7 ans pour Bouygues de monter au capital d’Orange, et demandé le gel des droits de vote double pendant 10 ans. Des demandes que Martin Bouygues a jugé inacceptables.

Par ailleurs, le rachat de Bouygues Telecom devait nécessairement entraîner une dislocation des actifs du groupe, pour passer l’obstacle difficile de l’Autorité de la concurrence. Free, Orange et SFR devaient se partager les portefeuilles d’actifs, à condition de trouver des accords. Mais là encore, même si elle paraissait bien engagée, l’opération était compliquée à monter.

«  Il ne faut pas que cette transaction, si elle se fait, résulte en un renforcement de la position d’Orange, particulièrement sur les marchés où il est leader. L’opérateur historique est déjà très fort et conserve une capacité à déployer des réseaux plus vite que tout le monde », avait prévenu Sébastien Soriano, le patron de l’Arcep.

Selon Le Figaro, Manuel Valls aurait tenté ce vendredi-même de réchauffer les négociations pour aboutir à un accord, en rencontrant lui-même les deux PDG, mais en vain.

Reste désormais à voir quelle suite stratégique Martin Bouygues peut donner à cet échec. Il reste le plus fragile des quatre opérateurs en place, et son importance sera d’autant plus menacée par l’ouverture du marché des télécoms à l’échelle européenne, qui verra débarquer les géants allemands, espagnols ou britanniques sur le marché français.

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