Ducati deviendra, en 2023, le fournisseur exclusif d’engins électriques pour le championnat du monde de MotoE. Et l’entreprise italienne compte en tirer des enseignements pour développer une moto grand public.

Ducati est difficile à suivre. En avril 2021, Claudio Domenicali, CEO, douchait les espoirs de celles et ceux qui attendent une moto 100 % électrique du constructeur italien. Pourtant, quelques mois plus tard, on apprenait que la marque devenait partenaire du championnat MotoE, signifiant qu’elle fournira exclusivement les futurs engins de la discipline (à partir de 2023). Et cet engagement aura un impact positif sur le développement d’un produit grand public, a confirmé Jason Chinnock, patron de la branche américaine, dans un entretien accordé à Yahoo le 18 janvier.

Les ingénieurs de Ducati comptent effectivement tirer des enseignements pendant le développement de la moto 100 % électrique, chargée de prendre la relève de la Ego Corsa conçue par Energica (qui avait signé un deal de quatre saisons avec les instances du championnat de MotoE). Jason Chinnock indique que certaines technologies seront réutilisées pour le futur modèle commercial.

La Ducati V21L
La Ducati V21L // Source : Ducati

Le championnat MotoE va servir de laboratoire pour Ducati

Le championnat MotoE va indéniablement gagner en prestige grâce à Ducati, qui se bat régulièrement pour la victoire dans la catégorie reine thermique (MotoGP). Pour l’entreprise italienne, les courses à venir s’apparenteront à un immense laboratoire pour développer un savoir-faire en matière de mobilité électrique, domaine dans lequel elle est encore attentiste. « Il faut trouver un compromis entre l’autonomie et le poids », indiquait Claudio Domenicali.

Quelques semaines auparavant, Francesco Milicia, vice-président du département des ventes, se montrait encore plus pessimiste : « Nous estimons qu’un modèle électrique ne garantira pas le plaisir, l’autonomie ou encore le poids que les fans de Ducati attendent. »

En somme, le championnat MotoE pourrait permettre à Ducati de contourner les obstacles qui lui font face. Une stratégie qui pourrait s’avérer payante, et que certains acteurs du marché automobile ont déjà mise en application (exemple : Jaguar qui a pu améliorer l’autonomie de son SUV). Jason Chinnock a d’ailleurs clairement évoqué le souci posé par la batterie. Là où les constructeurs automobiles ont le choix en termes de placement, ceux des motos sont très limités. « Nous devons trouver une solution pour ça », confie-t-il. Il reste aussi la problématique du poids : quand la Ducati Desmosedici GP, engagée en MotoGP, pèse 152 kilogrammes, la Ego Corsa grimpe à 258 kilogrammes.

Si Ducati a déjà dévoilé un prototype pour le championnat MotoE — la V21L –, aucune information technique n’a encore été indiquée. On imagine que le deux-roues fera au moins aussi bien que la Ego Corsa, soit une vitesse de pointe de 260 km/h, le 0 à 100 km/h englouti en 3 secondes et une autonomie de 120 kilomètres.