Ducati a expliqué pourquoi il n'était pas en mesure de lancer une moto électrique à court terme. Cette ambition existait pourtant en 2019.

Il y a quelques semaines, Ducati douchait les espoirs de celles et ceux qui rêvaient d’associer la mythique marque italienne à la mobilité électrique. « Nous estimons qu’un modèle électrique ne garantira pas le plaisir, l’autonomie ou encore le poids que les fans de Ducati attendent », indiquait Francesco Milicia, vice-président du département des ventes. Aujourd’hui, le positionnement n’a pas changé : dans un entretien accordé à Moto.it le 15 mai, Claudio Domenicali, CEO très optimiste en 2019, a clairement mis le doigt sur le problème fondamental.

Comme on pouvait s’y attendre, Ducati reste attentiste sur l’opportunité de lancer une moto électrique à cause de la batterie ou, plutôt, de son poids. Aujourd’hui, les cellules ne seraient pas suffisamment denses pour garantir une légèreté en adéquation avec un deux-roues sportif. «  Il faut trouver un compromis entre l’autonomie et le poids », estime-t-il, ce que Ducati ne semble pas prêt à faire.

Ducati Superleggera V4 // Source : Ducati

Ducati attend une meilleure batterie

Ducati rencontre finalement le même problème que les constructeurs automobiles : trouver le bon équilibre entre performance, autonomie et poids. Il y a néanmoins un enjeu supplémentaire à ajouter à l’équation : une moto ne peut pas embarquer une grosse batterie. Un obstacle que beaucoup d’acteurs du marché automobile contournent en lançant des gros SUV plutôt que des petits véhicules. Cette astuce permet de commercialiser des voitures avec une autonomie décente. Ducati n’a pas cette marge de manœuvre et doit surveiller avec attention l’évolution des technologies liées à la batterie. L’entreprise attend par exemple de voir ce que vont donner les batteries solides — une évolution qu’a récemment abandonnée Fisker.

Ducati ne manquera pas de surveiller non plus le championnat MotoE, discipline où s’affrontent des motos 100 % électriques fournies par Energica. Son modèle Ego Corsa est capable d’atteindre une vitesse de 260 km/h et est alimenté par une batterie de 20 kWh (120 kilomètres d’autonomie). Elle peut avaler le 0 à 100 km/h en moins de 3 secondes. Son poids de 258 kilogrammes reste élevé face aux 157 kilogrammes d’une Ducati Desmosedici GP — engin engagé en MotoGP — ou face aux 152 kilogrammes d’une Superleggera V4 — un deux-roues d’exception proposé à 100 000 euros.

En revanche, Claudio Domenicali ne se fait aucun souci sur les performances pures. «  Je suis très optimiste sur les caractéristiques : si nous mettons de côté le poids, le moteur électrique est un moteur très sportif, il est donc possible de faire des produits en adéquation avec notre image de marque — associée à la performance et au sport  », rassure-t-il. Le souci n’est donc pas d’aller vite, mais d’aller loin. 

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