Fin 2022, VanMoof ajoutera un speedbike à sa gamme de vélos électriques. Le VanMoof V embarquera deux moteurs pour aller jusqu'à 50 km/h -- où la législation le permet. Un projet intéressant, dont le succès dépendra néanmoins de l'infrastructure des pays où il est lancé.

À l’hiver 2021, nous nous demandions sur Numerama si la France était prête pour les speedbikes. Ces vélos très rapides sont intéressants pour parcourir de longues distances en zones rurales ou périurbaines, mais deviennent parfaitement inefficaces en ville, où ils ne profitent pas des avantages du vélo électrique. Mais même dans les endroits où ils sont le plus à l’aise, les speedbikes viennent avec des contraintes : casque homologué obligatoire, immatriculation, assurance, permis AM, interdiction de rouler sur une piste cyclable.

Comme la France n’est pas le centre du monde, faut-il le rappeler, l’entreprise hollandaise VanMoof a décidé de lancer son premier speedbike nommé sobrement VanMoof V. Après les vélos mécaniques Smart et les vélos électriques Electrified, la startup hollandaise va donc chercher à conquérir un nouveau public, en répétant sa formule : des vélos connectés qui parlent aux amatrices et amateurs de nouvelles technologies, mais qui ne font pas (trop) de concessions techniques par ailleurs. Le tout, à un prix plutôt honnête : le VanMoof V, prévu pour la fin de l’année 2022, sera commercialisé 3 480 €. À titre de comparaison, l’entrée de gamme en « speed » chez Moustache commence à 5 899 €.

Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof

VanMoof V : deux moteurs pour un speedbike

L’entreprise a conçu un tout nouveau concept pour son VanMoof V — il ne s’agit pas d’une version augmentée d’un Electrified. Sur les rendus 3D — le V est encore au stade de prototype –, on distingue des formes bien plus rectangulaires que sur les précédents vélos de la startup. Le cadre doit résister à bien plus de contraintes, puisque le VanMoof V permettra, si la législation le permet, d’aller jusqu’à 50 km/h. En France, la législation autorise les speedbikes à aller à 45 km/h.

Cette vitesse, modulable logiciellement selon le pays où le vélo sera vendu, est atteinte grâce à deux moteurs épaulés par une grosse batterie de 700 Wh. Ce choix est étonnant par rapport aux modèles à moteur unique ou à moteur dans le pédalier et on a hâte de voir son comportement sur la route. Notamment en matière d’accélération : est-ce que ces deux moteurs combinés au bouton turbo-boost de VanMoof, permettant de libérer toute leur puissance une fois le vélo lancé, permettront une accélération ultra-rapide ? Cela reste à voir, d’autant que les vitesses du vélo sont contrôlées par un boîtier automatique, qui est, d’après nos tests, l’un des point noirs de la gamme VanMoof (trop fragile et difficilement calibrable pour un pédalage fluide).

Côté confort, VanMoof a pensé aux vibrations engendrées par de telles vitesses et s’appuie désormais sur un cadre doublement suspendu, à l’avant et à l’arrière. Cela change des Electrified qui reposent sur un cadre rigide, bien adapté aux belles pistes, mais moins agréable sur des pavés ou des chemins. Les pneus, dont la taille n’a pas été précisée par la marque, sont annoncés comme « épais  ». Au doigt mouillé, on miserait sur des roues de 26 pouces équipées de pneus typés « fat bike », ajoutant à peu près 4 pouces d’air à l’ensemble, pour avoir un gros confort.

Les caractéristiques (très vagues à ce stade) du VanMoof V // Source : VanMoof

Speedbike : un marché de niche en France ?

Difficile de prévoir le succès d’un tel vélo sur le marché français. On sait que VanMoof pense à un public international et il est clair que des marchés sont très friands de ce type de vélo, qui demandent tout de même des infrastructures routières adaptées. La Suisse est par exemple de ces pays plus favorables au vélo électrique à grande vitesse, nous confiait Moustache au moment de notre test du FS Speed.

Quand nous testions un speedbike dans les rues parisiennes, les automobilistes nous demandaient de nous rabattre sur la piste cyclable, qui nous interdite. Une remarque qui nous a même été formulée par la police, ne connaissant visiblement pas la catégorie de véhicule que nous utilisions. En termes de vitesse, le temps de trajet intra-urbain en speedbike est allongé par rapport à un trajet en VAE : il ne peut pas prendre les rues autorisées à double sens ou traverser les places, ne peut pas passer les feux rouges autorisés et est moins rapide qu’un scooter. En bref, sur de tels parcours, on perd la polyvalence et l’agilité d’un vélo.

Séduire un nouveau public ne sera donc pas qu’une question de produit pour VanMoof, mais bien plus d’adaptation au territoire sur lequel il lancera son VanMoof V. Est-ce que les villes et nos routes départementales changeront assez vite pour accueillir ces nouveaux modes de déplacement, alors même que les collectivités rattrapent un retard considérable pour sécuriser les déplacements des vélos, trottinettes et autres mobilités douces ?

Réponse fin 2022.

VanMoof V : le concept du speedbike en photo

Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof
Le speedbike VanMoof V, illustrations // Source : VanMoof

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