Après près de 3 000 km en vélo électrique sur les routes d’Île-de-France, nous avons décidé de vous partager notre facture : vélo, accessoires, vêtements, réparations... : combien ça coûte vraiment, un vélo électrique ?

La mobilité électrique a un coût initial : le vélo que vous choisirez, selon vos besoins et votre budget. Mais l’achat du vélo n’est qu’une partie des dépenses. Si l’on souhaite s’y mettre en faisant d’un vélo un objet de transport polyvalent et quotidien, il faudra s’équiper. La raison est simple : vous ne voulez pas vous poser la question de savoir si vous avez la possibilité de faire un trajet ou non, ou si le vélo sera le mode de transport le plus adéquat à un instant T.

L’achat d’un vélo électrique comme solution de mobilité pérenne et quotidienne est déjà une réponse à l’effort et à la pénibilité, mais d’autres paramètres entrent en compte au moment d’enfourcher son vélo.

Après plus de 3 000 km dans les rues de Paris à vélo, nous avons décidé de proposer un bilan de nos dépenses en un an et demi.  Il vous permettra de voir à peu près à quoi vous attendre pour être à l’aise en ville, aussi bien en termes de confort que d’efficacité.

Choisir un vélo électrique durable et réparable

Nous insistons souvent sur Vroom : si vous choisissez un vélo électrique comme moyen de transport principal, vous devez essayer de l’imaginer comme l’achat d’une voiture. Un vélo circule plus vite en ville, est plus écologique et permet plus de libertés qu’un véhicule à quatre roues : ce n’est pas parce que son moteur est bridé à 25 km/h qu’il est moins efficace.

Dès lors, comme une voiture, il ne faut pas penser gadget, mais durabilité et besoins. Si vous investissez dans un bon vélo électrique, vous vous préparez à avoir une monture pour une dizaine d’années. Les gammes autour de 2 000 € avant aides financières commencent à avoir, chez les constructeurs, un excellent rapport qualité prix. En dessous, les composants sont plus fragiles, moins agréables ou moins éprouvés. Au-dessus, ce sont des ajustements de confort et de plaisir.

Le Vélo Mad Sport+ récemment testé a des composants classiques // Source : Louise Audry pour Numerama

Enfin, si votre objectif est d’avoir un vélo durable, privilégiez un modèle avec une construction classique. Des startups vendent de l’électronique, des vitesses automatiques maison, des moteurs maison, un tableau de bord numérique et autres gadgets qui n’auront qu’une conséquence : personne ne saura les réparer et les pièces seront très souvent des modèles propriétaires. Un constructeur qui pioche des pièces chez des fournisseurs bien établis et conçoit un vélo électrique simple permettra un entretien peu coûteux et facile à faire à la maison ou dans n’importe quelle boutique.

La sécurité de votre vélo électrique

Source : Nino Barbey pour Numerama

En ville, le principal frein pour une personne souhaitant se mettre au vélo est la crainte d’un vol. Un vélo électrique, lourd, ne pourra bien souvent pas se porter dans les étages et devra dormir soit dans un parking, soit dans la rue.

Pour éviter tout stress lié au vol, j’ai sécurisé tout ce qui pouvait être amovible sur mon vélo. À commencer par le vélo lui-même.

  • Antivol Abus 1060, 170 € : c’est une référence en termes de sécurité (et mon vélo n’a pas été volé, ce qui est rassurant), mais c’est aussi un antivol très lourd. Il ajoute entre 2 et 3 kilos selon la taille choisie, ce qui est énorme. En plus, il est assez peu maniable et prend de la place. Si j’avais à racheter un antivol aujourd’hui, je choisirais plutôt un Abus Bordo Granit (100 €) : tout aussi sécurisé d’après Abus (15/15), mais moins lourd et mieux transportable.
  • Antivol de selle Abus Nutfix 30 € : un collier de selle avec un levier est pratique pour régler la hauteur de sa selle à la volée. Mais c’est un dispositif open bar pour les voleurs de selle. Un antivol de selle vous permet de faire un réglage à votre taille et de sécuriser votre selle en ville. Idéal.
  • Antivol de roues Abus Nutfix, 60 € les deux : même concept que pour l’antivol de selle, mais avec vos roues. Les leviers de démontage rapide, c’est top pour changer un pneu si vous partez en ballade, mais en ville, c’est une invitation à voler vos roues.

Il est possible de faire sans les antivols de roue et de selle en ajoutant un ou plusieurs câbles Kryptonite Flex (15 €), mais vous allez mettre du temps à attacher et détacher votre vélo, ce qui entraîne une petite friction d’usage du vélo qu’on veut éviter.

L’équipement du cycliste

Source : Nino Barbey pour Numerama

Côté équipement, j’ai été dans la réaction plus que dans l’anticipation. La première vague de froid, je me suis gelé. La première averse, je me suis trempé. La première chaleur, j’avais le dos liquéfié. Et petit à petit, j’ai acheté ce qu’il fallait.

  • Un casque Kask Lifestyle (150 €) : après un an avec un casque offert pour une opération promotionnelle trouvé sur un bureau à la rédaction, j’en ai vu les limites. Le confort n’était pas bon, les mousses se décollaient et la protection était moyenne. Un bon casque, c’est la garantie de vous garder en vie en cas d’accident bête : votre tête ne tapera pas le sol. Les casques de la marque italienne Kask sont confortables, robustes et embarquent une visière. Je pensais naïvement l’enlever, mais je ne peux plus m’en passer : elle protège du vent, des pollens, de la pluie et procure une sensation de sécurité supplémentaire.
  • Un pantalon de pluie Rains (70 €) : on trouve des pantalons de pluie bien moins onéreux, mais j’ai préféré un modèle d’un spécialiste, qui tient en plus chaud et qui a le bon goût de ne pas être complètement ignoble. Sachant qu’il est fait pour être porté par-dessus vos habits, vous pouvez l’enlever en arrivant à votre destination : peu de chance qu’il s’use.
  • Une veste de pluie (70 €) : il y a vraiment des dizaines de modèles de vestes imperméables sur le marché. La mienne n’est plus vendue, mais possède quelques avantages : des poches, des matériaux réfléchissants, un peu de chaleur sans être étouffante. Alternativement, il est possible de se rendre aux rayons montagne des magasins de sport : une veste légère d’alpinisme peut être un excellent achat pour le vélo (et en plus elles ont du style)
  • Des gants en Gore-Tex (30-50 €) : oui Gore-Tex a inventé un matériau technique révolutionnaire. Oui, ce matériau technique est vendu hors de prix. Mais si une veste estampillée Gore-Tex peut prendre 300 € par rapport à son modèle classique, les gants ont un bon rapport qualité prix (surtout en promotion). J’en ai acheté de très fins pour pouvoir utiliser mon smartphone avec et ils m’ont tenu tout l’hiver parisien. Les pires jours (-6 avec du vent en 2021), je les ai doublés de gants en laine et je n’ai pas eu froid.
  • Un tour de cou en polaire (10 €) : j’ai acheté le mien à Décathlon et je ne regrette absolument pas. Pour 10 €, cela vous protège du froid bien mieux qu’une écharpe.
  • Sacoche Ortlieb QL3 (150 €) : quand il fait chaud, ne pas avoir de sac à dos vous sauve la vie. Une sacoche, ici QL3 pour être facilement détachable, est un objet incroyable, donc on a du mal à se passer. Est-ce que je referai ce choix ? Ja-mais. Je me suis fait avoir dans un moment pressant et je me trouve idiot d’avoir dépensé 150 € pour une sacoche, quand Ortlieb en vend deux au même prix, voire deux fois moins cher. Bref, une sacoche est un très bon investissement. Cette sacoche n’en est pas un.

L’entretien d’un vélo électrique

Source : Nino Barbey pour Numerama

Toutes les dépenses précédentes sont amortissables. Si vous en prenez soin, vous pourrez garder ces objets (et le vélo) 10 ans ou plus, ce qui, au coût par an, est très faible par rapport à d’autres transports — un Pass Navigo coûte plus de 860 € par an en région parisienne.

Mais à ces dépenses, il faut ajouter deux, voire trois lignes au tableau des comptes : l’entretien, les réparations et l’assurance.

Côté entretien, vous aurez très vite fait d’acheter un kit d’entretien avec des brosses et de la graisse et une pompe à pied. Un vélo électrique use ses composants plus vite qu’un vélo mécanique, parce que les forces exercées sur les composants sont plus grandes (c’est le rôle du moteur). Ainsi, il faudra compter une révision en boutique par an (gratuite la première année, puis 60 à 70 € ensuite) pour remettre le vélo d’aplomb.

Ces révisions peuvent entraîner des réparations en plus des ajustements. Si vous avez un modèle électrique conçu avec des composants standards, sachez que les pièces entrée ou milieu de gamme ne sont pas onéreuses (le faible poids des matériaux est ce qui fait monter la facture sur les vélos musculaires et ce facteur est moins important quand on a un énorme moteur sur un vélo déjà lourd).

Un dérailleur a un astucieux système de disjoncteur pour ne pas abîmer le cadre quand il casse // Source : Julien Cadot pour Numerama

En près de 3 000 km, j’ai dû changer une chambre à air qui a crevé pour 25 € et un dérailleur qui a sauté pour 160 €, main-d’œuvre comprise — et sans compter le coup de pouce vélo de 50 €. Prévoir un budget d’une centaine d’euros par an en pièces, comme je le fais, est déjà élevé pour un vélo bien entretenu.

La dernière dépense sera l’assurance, accident, casse et vol. Elle disparaît souvent entre la 2e et la 3e année (la plupart des assureurs n’assurent que des vélos neufs ou quasi neufs). C’est à vous de voir si vous souhaitez couvrir votre achat : nous avons un guide dédié à cette question.

À partir de 6 ans, un vélo électrique même onéreux et un équipement complet coûte moins cher qu’un pass Navigo // Source : Nino Barbey pour Numerama

Certains liens sont affiliés. On vous explique tout ici.

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