Le constructeur taïwanais vient de passer un partenariat important avec le gros fabricant Foxconn. Cela pourrait lui permettre d'implanter plus efficacement ses scooters électriques et ses solutions de recharge de batterie partout dans le monde. Le projet est suivi de très près dans le monde des deux-roues électriques.

Dans le milieu des deux-roues électriques, Gogoro est un nom incontournable, alors qu’il est paradoxalement absent d’un grand nombre de pays occidentaux. L’entreprise taïwanaise est notamment connue pour faire des petits scooters électriques urbains — si vous habitez une grande ville française, vous les avez peut-être vus passer pendant un temps sous la marque COUP, qui proposait un service de scooters électriques en libre-service à l’image des Cityscoot.

Elle s’est aussi spécialisée dans la création de bornes de charge de batteries amovibles pour scooters, qui pourrait bien être une solution inventive aux soucis d’autonomie que connaissent les véhicules électriques.

Le hic, c’est que Gogoro n’est présent massivement qu’à Taïwan — l’État où la marque s’est créée — et on peine, depuis des années, à le voir émerger ailleurs. C’est pour cette raison que le partenariat annoncé ce 23 juin 2021 avec Foxconn est très important.

« Ensemble, les deux entreprises vont pouvoir accélérer l’expansion de Gogoro en appliquant les capacités exceptionnelles de manufacture de Foxconn (…) au service des technologies de batterie swapping de Gogoro et ses scooters intelligents  », peut-on lire dans leur communiqué conjoint.

Une station de recharge Gogoro en gros plan // Source : Gogoro

Les stations d’échange de batterie : l’avenir des scooters électriques ?

Foxconn est un groupe industriel taïwanais qui fabrique de nombreux appareils électroniques : il travaille pour les plus grandes marques (Apple, Microsoft, Sony, etc), notamment parce que les conditions de travail dans ses usines sont drastiques et lui permettent de casser les prix.

Gogoro, de son côté, fabrique à la fois des scooters électriques (dont un nouveau présenté l’an dernier), mais aussi des vélos (étonnamment absents de cette annonce de juin). Sa grande force, toutefois, est de développer un grand réseau de bornes qui peuvent accueillir des dizaines de batteries amovibles de scooters électriques. Le fonctionnement est très simple : au lieu de sortir la batterie de votre engin pour la charger à la maison sur une prise secteur, vous vous rendez à une borne comme celle de Gogoro, vous déposez la batterie vide dans une case, et vous en prenez une nouvelle, pleine.

Les propriétaires de véhicules électriques savent que l’autonomie est un enjeu crucial dans la gestion de la conduite et des trajets : il n’y a rien de pire que de craindre la panne, car l’engin n’aurait plus assez d’énergie pour continuer à rouler. Pour que les stations de batteries swapping (échange de batteries) soient utiles, il faut qu’il y en ait plein, afin que les conducteurs en rade ne s’inquiètent jamais de ne pas réussir à en atteindre une.  C’est pour cette raison qu’il y en a plus de 2 000 à Taïwan.

Station de recharge Gogoro // Source : Electrek/Gogoro

Cependant, implanter des bornes comme celles de Gogoro demande beaucoup de temps, d’argent et de compétences. C’est pour cela que l’arrivée de Foxconn a beaucoup de sens. « Foxconn et Gogoro vont collaborer sur de nombreux projets, notamment les batteries intelligentes, la création de véhicules et la manufacture. En intégrant les grandes capacités de Foxconn en matière de manufacture, de qualité et d’internationalisation, Gogoro pourra se focaliser sur son propre design de produit, sa recherche et développement, son image de marque, la distribution étendue de ses produits et son service client », continue le communiqué.

En France, la startup ZEWAY s’est récemment lancée sur ce marché, devenant la première à mettre un pied dans ce projet qui pourrait avoir beaucoup d’avenir, si les clients suivent. Numerama avait testé le service de location de scooter électrique avec bornes de recharge dans Paris, et nous avions été étonnamment surpris par l’efficacité du système : en quelques secondes, il est possible d’échanger sa batterie vide pour une pleine. S’il arrive à maturité, le système a donc un potentiel certain dans la ville « verte » de demain.

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